“L’impossible retour”, d’Amélie Nothomb (Ed. Albin Michel – 18,90 € – 157 pages – Août 2024)
par Patricia Laurentin (BPT UTT et CHRU/GdR) , le 31 mars 2025
L’Auteur
Amélie Nothomb, romancière belge de langue française, est née le 9 juillet 1966 à Etterbeek. Fille de diplomate, elle a passé sa prime jeunesse au Japon, lorsque son père était consul général à Osaka, puis plus tard, après ses études, agrégation gréco-latine en poche, son père étant alors ambassadeur de Belgique au Japon Autrice prolifique et bien connue, elle publie un ouvrage par an depuis 1992, année de publication de son premier roman “Hygiène de l’assassin”
Le Livre
« Le Japon est mon premier échec amoureux… Je n’y arrive pas », nous dit Amélie Nothomb.
A quoi n’arrive-telle pas ? C’est une véritable angoisse pour elle !
Et pourtant c’est avec talent et humour qu’ « elle arrive » à nous convaincre du contraire : Dans ce récit autobiographique, sous forme de carnet de voyage «elle arrive » à être un merveilleux guide du Japon pour son amie Pep qui l’accompagne. Cette dernière lui permet de renouer avec cette culture asiatique qu’Amélie a bien connue dans sa jeunesse et, tout en étant attentionnée pour la jeune femme , elle livre aussi au lecteur sa connaissance psychologique de la mentalité japonaise. Nous visitons avec elle un temple, nous grimpons en haut d’une montagne, nous admirons le « Pavillon d’or » mis en scène par le grand auteur japonais Mishima.
L’état d’extase est souvent au rendez-vous de ces visites. Un état qu’on n’explique pas…; ou peut-être en évoquant une sensation de vide, propre à la culture japonaise. « L’air est pur et nous respirons à pleins poumons ; je voudrais rester ici toujours», nous dit-elle en haut de sa montagne.
Cependant «L’impossible retour » titre de son livre, nous pose question ; Amélie Nothomb est-elle toujours amoureuse du Japon ? Sa réponse sera donnée à la fin de ce récit …
Le lecteur appréciera ce carnet de voyage plein de vie avec une pointe d’humour qui nous fait sourire et aussi nous permet d’aimer ses réflexions originales et savoureuses.
Roman “LE DOUX MURMURE DES CARPATES”, d’Anne-Sophie Lacombe ( Editions Le Héron Bleu – 255 pages – Prix 16,50 euros)
Fiche de lecture de Brigitte Mangoni, le 17 mars 2025
Roman lauréat du Prix SERANNE 2024, organisé par le Grand Pic Saint-Loup.
La couverture représente une sculpture de Constantin Brancusi, sculpteur roumain, né en 1876 et mort en 1957. Une collection de ses sculptures est exposée au centre Pompidou à Paris.
L’AUTRICE : Anne-Sophie Lacombe
Anne-Sophie Lacombe est écrivaine à Villeneuve-lès-Maguelone.
Pourquoi est-elle devenue écrivaine ? Littéraire contrariée, elle excellait aussi dans les matières scientifiques. Elle a suivi le parcours des bons élèves que l’on envoie vers des métiers sûrs. Aujourd’hui, Anne-Sophie Lacombe est fonctionnaire des collectivités territoriales, mais sa passion c’est l’écriture. Elle écrit depuis 2006. D’abord des poèmes. Installée dans la région, elle avouera que c’est le pourtour méditerranéen qui l’a révélée.
Elle a publié un premier roman en septembre 2023, intitulé Le Doux murmure des Carpates aux éditions Le héron bleu. Interviewée dans Midi Livre elle dira : “J’ai souhaité que ce roman, fruit d’un long processus de création, soit conçu avec des acteurs de proximité,Le graphisme a été réalisé par Isabelle Michel, infographiste à Villeneuve et imprimé par AGL, imprimerie familiale basée à Maurin.”.
Son livre a été sélectionné pour le Prix des lecteurs du grand Pic Saint-Loup. Il a été soumis aux votes du public du 14 juin au 15 novembre 2024, avant une remise de prix qui a eu lieu le 28 novembre 2024, à Saint-Gély-du-Fesc. Anne-Sophie Lacombe a assisté à une conférence à la gazette café à Montpellier le Samedi 22 juin 2024 afin de parler de son premier roman.
Ce prix est une reconnaissance par les 18 médiathèques du réseau et les lecteurs enthousiasmés par ce roman.
LE LIVRE
Ce dernier a pour thème l’exil, la quête d’identité, les mécanismes de transmission transgénérationnelle, ainsi que le métier de sage-femme à travers l’histoire d’Ileana, jeune femme d’origine roumaine arrivée en France à l’âge de 7 ans, sa famille ayant fui la dictature de Ceaucescu.
Résumé : Ileana est une enfant de 7 ans lorsqu’elle fuit la dictature de Ceausescu en Roumanie. Elle fuit Bucarest dans la nuit et le froid, avec sa mère et sa grand-mère paternelle, Mamina, afin de retrouver son père, déjà parti à Paris depuis plusieurs mois.
A Paris, la petite famille mènera une existence heureuse, rêvée, pour la petite Ileana qui mange enfin à sa faim, a des vêtements décents, des jouets. Seule Mamina, déracinée aura beaucoup de difficultés à s’intégrer, elle refusera de parler et de manger français.
Cette merveilleuse grand-mère comblera d’amour l’enfant, et lui fera découvrir des recettes de la cuisine roumaine.
Les parents seront plus froids et mettront la pression à Ileana pour avoir les meilleures notes en classe, exceller en Français et ne pas parler Roumain. Leur passé est derrière eux.
La loi du silence règne au sein de cette famille qui n’évoque jamais la Roumanie. Les parents d’Ileana ne racontent rien à l’enfant et s’obstinent à ne plus vouloir entendre parler « leur ancienne langue » ou manger les plats roumains que leur confectionne avec beaucoup d’amour Mamina, la grand-mère paternelle.
Mamina disparaitra pourtant lorsque Ileana aura 17 ans, et la perte de cette grand-mère sera difficile à accepter pour la jeune fille.
Elle deviendra une adulte qui fera des études de sage-femme, se mariera et aura deux enfants.
Du passé et de son ascendance en Roumanie, Ileana n’aura jamais d’informations. Les parents s’obstineront et ne révèleront rien.
Arrivée à 30 ans, Ileana bien que parfaitement intégrée en France, souffre. Son passé deviendra une obsession et même si elle est infiniment reconnaissante à la France, laquelle l’a accueillie, lui a offert la sécurité, la liberté d’expression, un métier, elle a besoin de savoir. Les souvenirs et la culture de sa grand-mère Mamina l’obsèdent et la nostalgie du pays qui l’a vue naître, la Roumanie, s’installe, et ne la quittera plus.
Elle décide de faire un séjour à Bucarest, et va rechercher activement l’histoire de ses ascendants. Elle y découvrira les secrets de sa famille.
Mots clés : Nostalgie, Intégration, déracinement, ascendance, culpabilité, amour, métier de sage-femme, transmission transgénérationnelle.
Mon analyse et ressenti : J’ai beaucoup aimé ce roman car il est très bien construit et d’une grande sensibilité. L’écriture est fluide, cohérente, narrative et a un intérêt historique, il est d’autre part très bien documenté sur l’époque terrible de la dictature de Ceausescu et de ses militaires qui ont fait régner la terreur. Il m’a permis de comprendre mieux cette époque. Les qualités rédactionnelles de l’autrice sont indéniables. Sophie Lacombe est créative et transmet aux lecteurs des émotions.
Dans cette histoire, le lecteur peut ressentir une certaine frustration et incompréhension devant l’attitude des parents qui ne révèlent rien à leur fille. C’est une bataille permanente pour Ileana si intégrée en France et pourtant si tiraillée et culpabilisée de ne pas transmettre à ses enfants la culture des ascendants (langue, culture). Enfin, c’est un livre d’amour où le sens de la famille est très fort. La nostalgie y est omniprésente.
J’attends avec impatience le prochain roman d’Anne-Sophie Lacombe qui devrait nous transporter sur l’archipel tanzanien situé au large des côtes de l’Afrique de l’Est à Zanzibar.
Brigitte Mangoni (bibl. St Georges d’Orques), le 17 mars 2025
A LA DECOUVERTE D’UNE ECRIVAINE QUI VIT A VILLENEUVE LES MAGUELONE MAIS NOUS TRANSPORTE EN ROUMANIE, SUR LES CIMES DES CARPATES
Le massif montagneux des Carpates
Anne-Sophie LACOMBE « Le doux murmure des Carpates » Editions Le Héron Bleu
En cette fin d’hiver, des bénévoles de Culture et Bibliothèques Pour Tous se sont cordialement réunies dans la bibliothèque CBPT de Saint Clément de Rivière.
Nos objectifs ?
Accueillir l’autrice Anne-Sophie LACOMBE,
Découvrir l’univers de son premier roman : « Le doux murmure des Carpates»,
Et nous imprégner de ses paroles pour saisir la magie de la création littéraire.
Venez, suivez nous ! Et voici deux photos pour vous mettre l’eau à la bouche :
Pour bien commencer, à l’arrivée des bénévoles de CBPT nous sommes accueillies par Danielle KELLER, bénévole responsable de la bibliothèque de Saint Clément de Rivière, et par son équipe. Elles savent tellement bien valoriser les ouvrages présentés dans leurs rayons qu’on a envie de tout emprunter !
Et pour continuer de bien commencer, nous voilà avec des gourmandises de l’après-midi, et une bonne tasse de café ou de thé à la main.
De droite à gauche : Ecrivaine Anne-Sophie LACOMBE, Brigitte MANGONI & Denise DELTERME, Co-organisatrices de cette Rencontre Littéraire
Ah, auparavant, des informations d’organisation interne nous sont communiquées.
Les voici, brièvement présentées car on a hâte d’entrer dans le vif du sujet !
Parole à Dany SCHNEIDER, Présidente de CBPT 34 :
Notre prochaine Assemblée Générale se tiendra vendredi 6 juin, à Pézenas. Au programme :
=> le matin, présentation du dynamisme de CBPT 34, son actualité et ses projections harmonieuses dans nos réalisations à venir.
=> L’après-midi, visite culturelle guidée de Pézenas qui regorge de richesses architecturales porteuses de son histoire.
Notre futur Conseil d’Administration aura lieu 26 mai matin, à 9h30, dans notre local d’Antigone.
Parole à Denise DELTERME, co-organisatrice avec Brigitte MANGONI des « Rencontres autour des Livres » :
Retenez bien cette date du 26 mai que Dany vient de nous annoncer pour le C.A. En effet, le même jour, mais l’après-midi, nous vous donnons rendez-vous pour de nouvelles Rencontres !
Le thème ? Nos coups de foudre à l’issue de la Comédie du Livre / 10 jours en mai. Cet important événement littéraire aura lieu cette année du 9 au 18 mai 2025. Nous serons plusieurs à aller à la découverte de nouveaux auteurs ou nous réchauffer auprès d’autrices, d’auteurs qui nous ont déjà enchantés. Bienvenue à vos présentations lundi 26 mai, à partir de 14h00, dans le grand local ADRA d’Antigone (adjacent à la pharmacie de la place du Nombre d’Or).
Le programme des festivités n’est pas encore dévoilé, mais ça ne saurait guère tarder. En cliquant sur ce lien internet, vous pourrez pressentir à quelle(s) conférence(s) vous vous rendrez : Le festival | (10joursenmai.fr)
AVANT-GOUT du doux murmure des Carpates
Brigitte MANGONI, bénévole à la Bibliothèque CBPT de Saint Georges d’Orques, ne résiste pas à la joie de nous faire part de ses impressions à la lecture de ce premier roman d’Anne-Sophie LACOMBE « Le doux murmure des Carpates ». Son appréciation est élogieuse :
L’écriture est fluide,
On se laisse emporter dans l’histoire d’une jeune enfant,
Les thèmes de l’exil, de la quête d’identité, des liens transgénérationnels sont omniprésents et superbement développés.
Brigitte nous fait part de ses mots clés : Exil / Nostalgie / Intégration / Déracinement / Transmission générationnelle, mais aussi : Table rase du passé / Loi du silence / Culpabilité.
Elle nous précise que ce roman avait été sélectionné pour le Prix des lecteurs du Grand Pic Saint Loup, et qu’il a obtenu le Prix Seranne. C’est très mérité car quand on commence à le lire, on est transporté dans un univers, et on ne le quitte plus.
Brigitte va bientôt publier sa présentation sur notre site. Internautes, en consultant cet article, vous aurez un éclairage qui vous donnera envie de suivre la destinée de Iléana, une enfant roumaine exilée en France à l’âge de 7 ans, sa famille fuyant la dictature Ceausescu.
Si vous ne trouvez pas ce doux murmure des Carpates en librairie, commandez-le, ou venez l’emprunter dans une de nos bibliothèques CBPT !
Place, maintenant, à l’autrice Anne-Sophie LACOMBE, Qui a répondu favorablement à notre invitation, Et que nous avons l’honneur de recevoir aujourd’hui.
Anne-Sophie LACOMBE, le 17 mars 2025, présentant son premier roman et nous faisant partager les prémisses de sa prochaine création littéraire
Nous voilà toutes confortablement installées dans un espace agréablement aménagé de la Bibliothèque de Saint Clément de Rivière.
Denise Delterme : « Merci, Anne-Sophie Lacombe, pour votre présence. Nous avons la chance d’avoir avec vous une écrivaine locale car vous vivez à Villeneuve Lès Maguelone, mais la qualité de votre écriture commence à vous faire accéder à une reconnaissance nationale. Et je crois savoir que vous êtes invitée en mai à Paris, par le centre culturel roumain. Anne-Sophie, pouvez-vous vous présenter à nous, puis nous dire comment vous êtes venue à l’écriture, jusqu’à publier ce premier roman ?
Anne-Sophie Lacombe : Le goût de la lecture, de la littérature puis de l’écriture, j’ai toujours eu ça en moi. Très tôt, j’ai dévoré les livres. Mais j’ai été une littéraire contrariée. J’ai donc fait des études de droit et je suis devenue fonctionnaire territoriale. J’ai vécu et fondé une famille à Bordeaux puis, en 2011, j’ai fait le choix de la Méditerranée. J’ai vraiment le sentiment d’être ici chez moi, et ça a libéré ma créativité. Quelque chose en moi s’est libéré.
Denise Delterme : Vous vous en doutez, Anne-Sophie, les questions des bénévoles bibliothécaires, ici présentes, vont fuser ! Et voici la première :
Question : Tout au long de ce roman, la narration est faite à la première personne du singulier, et on suit une petite enfant exilée de 7 ans, d’origine roumaine, qui grandit puis devient une femme ayant fait le choix de devenir sage-femme – fonction qui va la relier à ses grands-mères et arrière arrière grands-mères, ses « maminas » de Roumanie.
Votre roman traite tellement fortement le thème de l’exil et du besoin d’être en lien avec ses origines, que j’ai cru qu’il y avait une part d’autobiographie. Mais non ! Nous confirmez-vous que vous n’avez aucun lien avec la Roumanie ?
Sourire de Anne-Sophie Lacombe :
Effectivement, je suis née en France, de nationalité française, et je n’ai aucun lien familial avec la Roumanie. J’ose même avouer que je n’y suis encore jamais allée. Mais bien sûr, la Roumanie compte dans ma vie puisque c’est le pays que j’ai choisi pour mon premier roman. Il a fallu que je travaille ardemment pour m’imprégner de ses us et coutumes, de sa culture, de son histoire, et notamment de cette terrible période de dictature qui a fait tant de victimes, et conduit à l’exil un nombre important de familles.
Question : Quels seraient les auteurs que vous aimez, et qui ont pu vous inspirer ?
Anne-Sophie Lacombe :
Spontanément, il me vient à l’esprit deux livres :
« Un brillant avenir», de Catherine Cusset, qui est d’origine bretonne, et vit aux Etats-Unis. Dans ce livre, il est question aussi de la Roumanie !
Et « La vierge en bleu », de Tracy Chevalier, qui raconte le parcours d’une femme isolée se mettant à effectuer des recherches sur ses ascendants, et se découvrant une ancêtre du 16ème siècle confrontée très directement à cette terrible guerre de religion qui a opposé les Catholiques et les Protestants.
Ces deux ouvrages ont été une sorte de terreau pour moi, et j’ai tiré sur les fils.
Question : Quelles sont les conditions dans lesquelles vous écrivez ? Qu’est-ce qui favorise votre créativité ?
Anne-Sophie Lacombe :
Alors j’écris devant mon ordi. Il m’est arrivé, en déplacements, d’écrire en manuscrit, mais ça m’a fait perdre beaucoup de temps.
Il me faut aussi gérer au mieux ma vie familiale, ma vie professionnelle, et concilier harmonieusement tout ça. Mon mari m’apporte une aide en informatique, et c’est précieux. C’est une recherche d’équilibre perpétuelle. Je travaille les vendredis, les samedis. Et je m’astreins à une discipline ! Ainsi, il ne faut pas que j’aie une lessive à étendre ou une tonne de linge à repasser qui m’attend !
Rires complices de l’assemblée
Vous dire aussi que l’écriture de mon premier roman m’a pris beaucoup de temps. Une fois fini, j’ai ressenti le besoin d’être relue. J’ai donc cherché et trouvé un Conseil littéraire. Cette femme s’est avérée être de bon conseil puisqu’elle m’a suggéré de raccourcir certains passages, d’éviter en quelque sorte des redites, même si ce n’était pas pareillement exprimé.
Eric-Emmanuel Schmitt, auteur prolifique de qualité, a, me semble-t-il, exprimé, lors d’une interview, combien il est important de réécrire, de couper encore et encore, jusqu’à trouver le bon équilibre de la phrase.
Je me suis donc attelée à ces coupures. Ça m’a pris 9 mois… Toute une symbolique !
Denise Delterme : Les Roumains bénéficient d’une culture francophone, et sont très francophiles. La langue française a longtemps été « la » langue de la diplomatie. Lors de l’exil consécutif à un dictature impitoyable, beaucoup de personnes qui s’étaient réfugiées en France étaient CSP + (Catégorie Socio-Professionnelle regroupant les cadres et les chefs d’entreprises). La culture et l’art sont en liens étroits, ou plutôt imbriqués. Anne-Sophie, la 1ère de couverture de votre livre est magnifique. Comment s’est opéré votre choix ?
Anne-Sophie Lacombe :
Son roman entre les mains, Anne-Sophie nous présente la 1ère de couverture, et fait circuler dans l’assemblée un album d’art consacré à Brancusi, ce grand artiste Roumain qui a marqué le XXème siècle. Elle nous montre une photo de la fameuse statue qui a obsédé Brancusi (Mademoiselle Pogany), qu’il a reproduite de multiples fois, « ni tout-à-fait la même, ni tout-à-fait une autre ».
Mademoiselle Pogany Constantin Brancusi Le baiser
Anne-Sophie Lacombe nous confie : « Quand j’ai découvert cette statue, j’ai eu le coup de foudre. Brancusi, il est unique.
Il est né en Roumanie en 1876 et décédé en 1957 à Paris, naturalisé français. Ses parents étaient des paysans aisés des Carpates, et son père sculptait le bois.
En 1912, il part à pied à Paris ! En ce début du XXème siècle, Paris est aussi capitale de l’art, et accueille des artistes venant des 4 coins du monde.
Bien sûr, il va à l’atelier de Rodin. Mais il n’y restera pas longtemps, en expliquant : « Il ne pousse rien à l’ombre des grands arbres ».
Rapidement, son talent sera reconnu. Oui, de son vivant, Brancusi a même été la coqueluche des Parisiens ! A cette époque, il est dans une quête absolue, avec son désir de réalisation d’un rêve : sculpter et faire monter une colonne jusqu’au ciel ! Ses années 30 ont été imprégnées de son obsession artistique qui deviendra réalité. Cette colonne est dans le sud de la Roumanie, et elle mesure … 29 mètres.
Voilà, vous savez maintenant pourquoi j’ai dans « Le doux murmure des Carpates » cette belle illustration graphique qui fait se côtoyer ce visage d’une beauté sidérante et cette colonne métaphysique. La représentation de ces deux œuvres majeures que j’ai réunies sur la 1ère de couverture de mon 1er roman illustre très bien l’identité de la Roumanie dont mon livre est imprégné. Merci à Fabienne Bourgeade, amie artiste graphiste d’une amie, qui a concrétisé ce que je souhaitais. La tour sans fin
Question : Le titre de votre roman est magnifique. Il interroge, il est poétique. Comment l’avez-vous trouvé ?
Anne-Sophie Lacombe :
« Le doux murmure des Carpates » s’est d’emblée imposé à moi comme « le » titre le plus représentatif du pays qui m’inspirait, la Roumanie, avec ses massifs montagneux majestueux des Carpates.
Question : Beaucoup de vos lecteurs, et nous en sommes, ont beaucoup aimé votre premier roman. Certains ont très probablement pris contact avec vous. Que vous apportent ces échanges avec vos lecteurs ?
Anne-Sophie Lacombe : Beaucoup de joie. Des émotions aussi. Je pense notamment à une femme qui travaillait à l’ambassade de Roumanie, et m’a téléphoné. Cette conversation a été très riche. Et voilà que quelques mois après, elle m’a envoyé une photo d’elle en Roumanie, posant devant la colonne de Brancusi qui monte au ciel, et tenant dans ses mains mon roman ! Je lui en suis infiniment reconnaissante.
Question : On croit savoir que vous êtes en train d’écrire votre deuxième roman. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Anne-Sophie Lacombe :
Oui ! Même qu’il est déjà bien avancé. Là aussi, mon roman est imprégné d’un lieu fort de son histoire : Zanzibar, cet archipel de Tanzanie qui a connu l’esclavage. C’est leur quête de la liberté qui m’a fortement interpellée.
Comme pour la Roumanie, j’ai fait un gros travail de documentation. Oui, j’ai consulté un grand nombre de textes, y compris dans la langue anglaise car tout n’a pas été traduit en français. C’est comme ça que ça « imprime » en moi ! Je ne suis pas historienne, mais pour autant, je ne suis pas à côté de la vérité, et tout ce que je relate est plausible.
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Anne-Sophie, les bénévoles bibliothécaires de Culture et Bibliothèques Pour Tous
ont hâte d’être vos futures premières lectrices de votre deuxième roman
Mais que le temps file vite ! Nous voilà arrivées au terme de cette belle interview.
Nous ne résistons pas à lire deux extraits du doux murmure des Carpates. L’un choisi par une bénévole bibliothécaire, l’autre choisi par l’autrice elle-même.
Lectrices et lecteurs de cette interview, sachez que le choix d’extraits est un choix grand angle. On n’a que l’embarras du choix pour décider d’un condensé, tellement de multiples paragraphes sont imprégnés de ces aspects essentiels de la rencontre de deux cultures et des souffrances de l’exil.
POUR FINIR EN BEAUTE :
Eloge de Danielle KELLER, bénévole responsable de la bibliothèque de Saint Clément de Rivière :
J’ai eu beaucoup de plaisir à lire votre roman. Au Prix du Pic Saint Loup, je l’ai ardemment défendu. L’histoire est très bien construite, et, cerise sur le gâteau, c’est une très belle écriture. Les phrases ont un riche vocabulaire très précis, et leur construction est très travaillée. Les bénévoles qui ont eu aussi un coup de cœur se joignent à moi pour vous dire merci.
Amatrices et amateurs de subtile littérature, Belle découverte à vous de ce doux murmure des Carpates Qu’Anne-Sophie Lacombe vous donne à écouter
Roman « Ma grand-mère et le Pays de la poésie », par MINH TRAN HUY ( Ed. Flammarion – Janvier 2025 – 175 pages – 19,50 € )
L’auteur :
Minh Tran Huy est née en 1979 en région parisienne. Après des études en classe préparatoire au Lycée Henri IV, une maîtrise de lettres à l’Université Panthéon-Sorbonne et un master à l’Institut d’études politiques de Paris, elle est devenue rédactrice en chef adjointe au Magazine littéraire.
Le livre L’écrivain Minh Tran Huy raconte sa grand-mère trop silencieuse. Bercée dès son plus jeune âge par cette grand-mère originaire du Vietnam, Minh Tran Huy lui redonne vie avec émotion : « Longtemps j’ai gardé la conviction que tu avais atterri en France avec un secret infiniment précieux…. Quelque chose que tu voulais préserver, quitte à ce que nul n’y ait accès …Peut-être n’aurais-je pas pris la plume si tu n’avais pas refusé de prendre la parole . »
Heureusement que Minh Tran Huy écrit…car elle nous livre un véritable trésor en nous racontant des bribes de l’histoire de sa grand-mère. « Alors, j’embrasse, je couche et je caresse mes enfants en pensant à toi qui m’embrassais, me couchais et me caressais . (….) Et si tu n’es plus là, tu as été là auprès de moi. J’ai eu cette joie ».
Si ce trésor trop secret est infiniment précieux pour elle, pour nous il est riche de la culture qu’il dévoile. Intéressant de découvrir le passé d’un peuple si durement éprouvé par la Grande Histoire, et émouvant de ressentir la résilience de cette grand-mère qui transmet son courage et son élégance à sa petite fille toujours affectueuse, mais parfois ingrate comme le sont les petits-enfants avec leur grands-parents.
Quelques jolis contes asiatiques ajoutent une note poétique à ce récit et vont peut-être nous aider à comprendre que le Vietnam est aussi le pays de la poésie. Au milieu du chaos de ce pays qu’elle découvre lors d’un voyage, l’écrivain nous fait partager son désir de prendre un peu de recul. Après tout, ce sont ses racines !
Partagez cette joie sereine avec Minh Tran Huy, en lisant son livre, vous serez riche de ce beau trésor qu’elle nous livre : « Ecrire me permet de me frayer un chemin dans le chaos, les aléas et la folie du monde tel qu’il va ». C’est peut-être une phrase que nous avons besoin d’entendre à l’heure actuelle .
Patricia Laurentin (bibl UTT et CHU/GdR), le 13 mars 2025
Le site internet de l’UNCBPT donne accès à une partie réservée aux bibliothècaires : l’intranet.
Cet intranet regroupe tous les dossiers, sous-dossiers et fichiers utiles (administration, formation, informatique …, etc, …) classés par ordre alphabétique. Cet intranet est désormais accessible directement sans passer par le site uncbpt.fr .
Sur ordinateur, smartphone ou tablette : dans la barre de recherche, inscrivez et validez ” omnispace.fr/uncbpt” . Vous accédez alors à l’écran ci-dessous.
Cliquez directement sur la case “réseau CBPT” que j’ai cerclée en rouge, puis tapez et validez le mot de passe : “intracbpt” s’il n’est pas déjà inscrit automatiquement (indifférement en majuscules ou minuscules ).
Vous êtes alors sur l’intranet du réseau UNCBPT et vous avez accès aux différents dossiers