
Les fantômes de Shearwater
McCONAGHY, Charlotte : «Les fantômes de Shearwater», Actes Sud, janvier 2026, 370 pages

Charlotte McCONAGHY, née en 1988 à Darwin, est une écrivaine australienne. Ses romans traitent d’écologie, de nature et de la place des humains parmi les autres êtres vivants. Ils sont traduits dans le monde entier.
En 2020, Charlotte McConaghy publie son premier roman nommé Migrations (traduit et publié en France en 2021). L’histoire se passe dans un futur où la majorité des animaux a disparu. L’héroïne se passionne pour des sternes arctiques encore vivantes et décide de les suivre, quoi qu’il en coûte. Avec cette fiction, Charlotte McConaghy immerge le public dans une dystopie climatique
En 2023 elle publie un second roman, toujours dans le registre de la climatique fiction Je pleure encore la beauté du monde. Écrite sous forme de thriller l’histoire se déroule dans les forêts d’Écosse où les loups sont réintroduits malgré le désaccord des éleveurs locaux. Ce livre remporte la médaille d’or du Nautilus Books Award catégorie fiction.
Shearwater, île de fiction, au milieu de l’océan Austral, et à plus de mille kilomètres de toute autre terre ferme est inspirée pour partie de la réserve stratégique de graines et semences du Svalbard et pour partie de l’île australienne de Macquarie, dédiée à la recherche scientifique et à la protection de la faune et de la flore.
C’est ici, dans le phare, que vivent Dominic Salt et ses trois enfants, Fen, Raff et Orly. Après la mort de son épouse, l’homme s’est exilé dans cet endroit perdu où se dissimule la base abritant une immense réserve de graines. Un trésor susceptible d’aider l’humanité à replanter les végétaux victimes de la catastrophe climatique et indispensable à sa survie. Seulement voilà : Shearwater est, elle aussi, menacée par l’élévation du niveau de la mer. En outre, les systèmes de communication avec le continent ne fonctionnent plus, et les scientifiques de la base ont tous disparu dans des circonstances troubles. Sans eux, Dominic et sa famille sont donc chargés de préparer, parmi l’immense collection de graines, celles qu’ils pourront sauver et ramener sur le continent.
Une nuit de tempête, une femme gravement blessée s’échoue sur le rivage. D’où vient-elle et que cherche t-elle ?
Une critique relevée sur le site Babelio qui reflète tout à fait ce que j’ai ressenti à la lecture de ce beau livre :
«Vous ouvrez ce roman et ne pouvez plus le lâcher. Il captive, obsède. Tels les éléments qui se déchaînent, cet endroit se révèle aussi dangereux qu’il semble paradisiaque au premier abord. Les voix de chaque narrateur alternent et viennent lever le voile au fil des pages. C’est beau, poétique lors des passages de description de la faune et flore sauvage et abondante. Vivre avec des fantômes. Se libérer de ses chaînes. Un roman d’une puissance rare.»
La grande réussite du livre tient aussi à la complexité de ses personnages, en particulier dans les relations père-enfants, traitées avec une justesse remarquable. La mystérieuse étrangère, quant à elle, agit comme un catalyseur : elle perturbe l’équilibre fragile du groupe et révèle les failles, les désirs et les peurs enfouies.
Roman « Morvan », de Bénédicte Belpois
Roman « Morvan », de Bénédicte Belpois (Collection Blanche chez Gallimard – 208 pages)-
par Chantal Bel (BPT le Castelet), le 19 Février 2026 –

Roman « Le visage de la nuit » de Cécile Coulon –
Roman « Le visage de la nuit » de Cécile Coulon – (Editions l’Iconoclaste, 275 pages.)-
par Brigitte Mangoni (Bibliothèque de St Georges d’Orques), le 18 Février 2026 –

Un conte moderne, noir, cruel et intemporel où la laideur et la beauté se croisent. Le jour est source d’angoisse, la nuit, de liberté et d’apprentissage.
