L’Homme de miel, de Olivier Martinelli

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Par Françoise Pasco (BPT Sète) le 22 sept 2017

C’est mon grand coup de cœur de la rentrée. Dans ce roman, qui est plutôt un recueil de chroniques, Olivier nous raconte sa maladie, un méchant myélome qui lui est tombé dessus il y a 2 ans (« Tumeur en C7« ), sa vertèbre cervicale toute neuve en titane, la rééducation de ses cordes vocales endommagées, les transports journaliers en ambulance à Montpellier (« mon ambulance est pleine de morts« ), l’angoisse de l’avenir …

Bon, c’est pas drôle, je vous entend d’ici ! Et bien si, parfois c’est drôle, c’est toujours émouvant, c’est un formidable hymne à la vie, à l’amour, à l’amitié, le livre d’un homme qui a décidé de continuer à vivre, travailler, écrire, de se battre pour faire connaître et reconnaître son oeuvre littéraire : « L’année de mon cancer, j’ai continué à écrire, lire, aller au cinéma, écouter de la musique. J’ai continué à accepter les émotions, le bonheur et les larmes. L’année de mon cancer, j’ai continué à me révolter, j’ai continué à aimer. L’année de mon cancer, j’ai continué d’avancer, vaille que vaille. ».

Un beau livre, une écriture précise et ciselée, une belle leçon de vie …

Françoise de Sète

Joli roman pour la rentrée : Les Mémoires d’un chat, de Hiro Arikawa

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Les mémoires d »un chat, de Hiro Arikawa

par Françoise Pasco, le 21 août 2017 –

Bonjour à tout le monde ! Déjà la rentrée se profile et il va falloir choisir les nouveaux livres pour nos bibliothèques ! En voici un qui me paraît parfait pour cette reprise.
Déjà la couverture … on ne résiste pas !
C’est un très joli roman, émouvant et drôle, grave et léger. Nana est un chat errant adopté par Satoru. Entre eux beaucoup d’amour et une grande complicité. Mais Satoru doit se séparer de Nana et part rendre visite à d’anciens amis susceptibles d’adopter son chat. Nana nous raconte ces rencontres avec beaucoup d’humour et de psychologie féline, et les contacts avec leurs propres chiens et chats sont souvent croustillants. Ce road movie à travers le Japon nous fait découvrir à travers le regard de Nana les beautés de ce pays décrites avec beaucoup de poésie. Malgré la gravité du sujet, c’est un hymne à la vie, à l’amour et à l’amitié (humaine et animale !). Premier roman fort bien écrit, habilement construit, qui devrait émouvoir tous ses lecteurs. (Actes Sud, 325p., 22€)

« Les Vivants au prix des morts », de René Frégni

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« Les vivants au prix des morts » par Françoise Pasco, le 5 juillet 2017

Ceux et celles qui ont participé en 2012 à l’AG de la CBPT organisé à Sète n’ont sûrement pas oublié le bel après midi passé en compagnie de René Frégni : ses talents de conteur, sa générosité, sa gentillesse, son érudition nous avaient passionnés.

Depuis, il a pris du galon, plusieurs fois invité de la Grande Librairie, il a droit ce mois-ci à une page entière du magazine Lire pour son dernier roman Les Vivants au prix des morts, sorti il y a quelques mois chez Gallimard.

Les Vivants au prix des morts, c’est l’annonce criée autrefois par les poissonnières de Marseille à la fin du marché qui bradaient leurs poissons et crustacés encore vivants « au prix des morts » !

Certes, on peut reprocher à René Frégni d’utiliser dans ses romans des épisodes de sa propre vie, des histoires liées à sa connaissance du milieu carcéral et des truands qui le peuplent grâce aux nombreux ateliers d’écriture qu’il a animés dans les prisons du Sud.

Dans celui-ci, il s’agit d’un bandit en cavale qui lui demande de l’aide et va l’entraîner dans une spirale infernale, à un moment où il n’aspirait plus qu’à jouir du bonheur de marcher dans sa chère Provence, d’admirer la nature qui s’éveille au printemps et d’aimer sa « fiancée des corbeaux », la douce et belle Isabelle.

Mais voilà, d’abord sa vie est un roman, et puis il parle si bien de la nature, de cette Provence qu’il adore, des fleurs, des arbres, de la lumière, des animaux et des petites gens qui la peuplent ; et puis ce questionnement malheureusement d’actualité : cette façon de vivre, contemplative, proche des beautés de la nature, cette confiance dans les qualités humaines perverties seulement par la pauvreté et l’injustice, n’est-elle pas une illusion alors que le monde est soumis à la violence, à la cruauté, au terrorisme … ? Et qui est réellement Kader, qui a détruit sa vie ?

A lire et à faire lire sans modération !

Françoise de Sète

« Accoutumance à la nicotine » , de Thanassis Valtinos

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Lors des rencontres autour des livres du 15 mai 2017,  Mireille Valcarcel (BPT de St Georges d’Orques) a présenté le livre de nouvelles « accoutumance à la nicotine« , de Thanassis Valtinos, paru en 2008 aux Editions Finitude :

« Accoutumance à la nicotine » de Thanassis Valtinos

C’est un petit livre de douze nouvelles. Elles sont tirées de deux recueils publiés en Grèce, la plus ancienne « Août 1948 » ayant été écrite en 1960. La première nouvelle de ce recueil lui en donne aussi son titre.
Thanassis Valtinos, écrivain et scénariste, est né en 1932 dans le Péloponnèse, une région de Grèce très présente dans son oeuvre. Après une enfance marquée par des tribulations familiales et les années d’occupation, il s’installe à Athènes où il vit encore aujourd’hui.
Ses écrits sont d’un style épuré, sans pathos, presque neutre… Descriptifs même parfois pour rapporter des événements intimes (dans « Ioannis Sidéris » ou « Panyotis » – qui portent les noms des personnages) ou des faits de guerre tragiques, des faits d’armes sans âme (« Août 1948 »), et on en retire pourtant une impression de mélancolie, de grâce résignée, faussement distante.
Alors, on peut penser que l’auteur est très présent dans tous ces portraits d’homme et de femmes ( comme dans « Sang pour sang ») et que de l’Histoire il en a fait sa propre histoire à travers les destins esquissés de ses compatriotes.

Mireille  Valcarcel