« Ca va aller, tu vas voir » de Christos Ikonomou

Lors de la dernière rencontre autour des livres, Geneviève Munier (BPT/UTT) a présenté le recueil de nouvelles « ça va aller, tu vas voir« , de Christos Ikonomou, paru le 03/03/2016, (Editeur Quidam Editeur , Collection Made In Europe). Voici ci dessous le texte de son propos

Christos IKONOMOU est un des auteurs grecs invités pour la Comédie du livre 2017. Il est né à Athènes en 1970. Il est journaliste et a écrit trois recueils de nouvelles traduites en plusieurs langues et dont certaines ont été adaptées au théâtre et au cinéma.

 

« Elle nettoie la salade. Vingt euros pour tenir la semaine et les factures en tas sur le meuble dans la cuisine ». Elle, c’est Elli, Elli Drakou, le personnage principal de la première nouvelle du recueil écrit par Christos IKONOMOU. Le titre de ce recueil   « Ça va aller, tu vas voir«  semble vouloir nous rassurer. Pourtant, les seize petits récits nous dressent le portrait d’une Grèce en pleine crise. Seize petits récits, seize personnages à la fois différents et semblables, seize laissés pour compte dont la vie est difficile. Ce sont des chômeurs, des travailleurs pauvres qui comptent leur argent, des petites gens qui tous vivent au Pirée : unité de lieu. Et Elli compte beaucoup ses sous, elle alimente le cochon rose à coup de pièces d’un ou deux euros et même de billets de cinq euros le vendredi soir. Sotiris, lui – son mari ou son compagnon, je ne sais trop – se contente de le lui rappeler. Mais il ne participe jamais à l’alimentation de ce fameux cochon. Et puis un jour… un mot tracé sur la glace de la salle de bains : « Sorri », ils ont entendu ce mot en regardant des films étrangers à la télévision, plus de Sotiris et plus, non plus, de cochon rose…

L’écriture de Christos IKONOMOU est belle et troublante. Elle a cette particularité d’être changeante, syncopée et lancinante : tantôt faite de phrases courtes, tantôt de phrases très longues sans même de virgules qui personnellement m’ont essoufflée. Michel Volkovitch, son traducteur, en fait d’ailleurs, une très belle analyse dans sa postface.

C’est très sombre, triste et je n’ai pas trouvé l’espoir annoncé. J’ai toutefois apprécié la musique qui s’élève de chaque récit. « Ça va aller, tu vas voir », je n’en suis pas certaine.

Geneviève Munier  (U.T.T)

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