Roman « Le goûter du lion« , de Ito OGAWA (Ed. Picquier – 19 € – 258 pages – Août 2022, traduit du japonais par Déborah Pierret-Watanabe) – Par Patricia Laurentin, le 4 mars 2024 –
C’est un peu le paradis, le début de ce dernier roman écrit par Ito Ogawa. Elle nous emmène sur l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon…
« Psychopompe » d’Amélie NOTHOMB – (Ed.. Albin Michel – 18,90 € – Août 2023 – 156 pages) –
« Je ne tarderai pas à élucider une vérité merveilleuse, à savoir que les oiseaux sont des individus. Il m’apparut que l’oiseau était la clef de mon existence ». Amélie Nothomb cherche à s’envoler dans son dernier roman « Psychopompe ».Ne se met pas à la place d’Amélie Nothomb qui veut ! A partir de sa passion pour les oiseaux, elle nous emmène dans des couloirs aériens étonnants. Grâce au métier de diplomate de son père, elle a voyagé un peu partout dans le monde : du Japon au Bangladesh, en passant par la Chine et les Etats-Unis. Sans oublier une période d’anorexie, qui fut une sorte de périple intérieur douloureux.
Cette histoire est tout à fait autobiographique, mais il est illusoire de penser que nous rentrons sans pudeur dans son intimité. L’écrivaine reste mystérieuse, et c’est peut-être là que réside son charme indéfinissable. Ecrire, pour elle, équivaut à « se lancer dans le vide comme un oiseau qui prend son envol ». « Ecrire est une grande liesse, et pourtant c’est un travail de chien, je m’use la santé… ». nous dit-elle. Sans doute ! Le lecteur n’est pas dupe : son écriture ciselée est le fruit d’un travail important. Mais le résultat en vaut la peine : on découvre avec plaisir son enthousiasme pour la vie qui l’entoure.
Serez-vous sensible à ce voyage aérien, en compagnie des oiseaux ?
Ci-dessous le texte imaginé et prononcé par Patricia Laurentin en ouverture de l’assemblée générale .
Assemblée Générale 2023 CBPT – La Grande Motte
Il était une fois, un homme qui n’y croyait pas.
Il était une fois une ville qui s’appelait Callage. C’était un grand projet : il s’agissait d’implanter dans un vaste territoire marécageux une ville qui serait aussi un port. Ça a mal fini ! Il n’y croyait pas ! Je cite : « Il reste des grandes ruines, un port à demi comblé, des machines ensablées rongées de rouille. La plage s’arrachant à la mer était montée à l’assaut des murailles ». (fin de citation)
… Mais, il y a un problème ! Cette histoire n’a jamais existé ! …si ce n’est dans l’imagination d’un écrivain-poète qui l’a racontée dans son roman « L’homme de sable ». Cet écrivain s’appelle Jean Joubert ( décédé en 2015 à Montpellier) ; il a vu La Grande Motte sortir du sable, il l’a appelé Callage et lui a jeté un mauvais sort. Cette ville qui devait être une étoile fut ensablée par l’écrivain. Quoiqu’il en soit, son roman « l’homme de sable », rédigé en 1975, fut encensé par le monde littéraire et récompensé par le prix Renaudot de la même année.
Il était une fois un homme qui y croyait !
Il allait rallumer cette étoile ensablée … Ce fut un grand projet . Les amis de cet homme, sceptiques et narquois, « le croyaient fou ! » : Comme le Petit Prince de St Exupéry, il leur dira en regardant le ciel : – Oui les étoiles, ça me fait toujours rire ». Il s’appelait Jean Balladur (cousin de l’ancien Premier Ministre). Sa ville s’appela : « La Grande Motte », il l’a créée ex nihilo.
Il était poète, je le cite : « Un crayon et un carnet à dessin à la main, assis sur les dunes qui bordaient la plage, je me laissais bercer par la rumeur régulière du flux et du reflux de la mer et des soupirs du vent. (…) Ma rêverie caressait le site, cherchant à lui faire dire ses propres penchants ».
Il était écrivain, je le cite : « Les pyramides quittent l’horizontale du sol par une pente, s’élèvent et rejoignent le sol par une pente descendante » (…) « Ces volumes pyramidaux soulèvent la terre comme des vagues successives » (…) « Sans brutalité ! » ajoute-t-il.
Il était architecte, je le cite : « C’est à l’architecture qu’incombe la terrible responsabilité de rendre « réel » le monde de l’imaginaire humain.
La ville de La Grande Motte a été récompensée par le label « Patrimoine du XXème siècle », attribué par le Ministère de la Culture et de la communication. Le récit de cette aventure est racontée par l’architecte dans ce très beau livre intitulé « La Grande Motte ». L’homme qui y croyait et celui qui n’y croyait pas se sont réconciliés : Jean Joubert a rédigé une préface élogieuse du livre de Jean Balladur.
Vous partirez cet après-midi à la découverte de La Grande Motte, une ville unique en son genre !
J’habite La Grande Motte depuis 23 ans.
Quand JE serai bien vieille, au soir à la chandelle, Assise auprès du feu, tricotant et lisant, dirai, chantant ses vers, en m’en émerveillant : « Balladur me célébrait du temps que j’étais belle »
Quand VOUS serez bien vieille, au soir à la chandelle Assises auprès du feu, bavardant ou lisant, direz, chantant CBPT, en vous émerveillant : « les lecteurs nous célébraient du temps qu’on était belles ».
Quand NOUS serons bien vieilles, au soir à la chandelle, Assises auprès du feu, tremblotantes et lisant, dirons, chantant la Présidente, en nous émerveillant: Dany a eu bien du mérite : elle ira droit au ciel.
Vivons, si m’en croyez, n’attendons à demain Lisons dès aujourd’hui les pages de la vie.
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Bonne Assemblée Générale dans la cité des Pyramides.