Roman « L’homme qui lisait des livres » de Rachid Benzine (Ed. Julliard – 18 € – Août 2025 – 120 pages) –
par Patricia Laurentin (BPT UTT et CHU/GdR) –

L’auteur –

Le livre
Julien est photographe. En reportage à Gaza, il doit rapporter des photos-choc à sa rédaction. Nabil est libraire à Gaza. Tous les deux vont se rencontrer. C’est l’histoire de Nabil , le libraire, que nous raconte Rachid Benzine.
«- Non, non », dit Nabil le libraire à Julien le photographe, « votre photo n’a pas de sens si vous ne connaissez pas mon histoire ! ». L’histoire de Nabil est un témoignage poignant de sa vie à Gaza. Comment peut-on réussir à vivre en enfer ? comment peut-on vivre lorsque tout s’écroule autour de vous ? Nabil n’abandonne pas son métier de libraire, ses livres sont sa porte de sortie et sont aussi une aide indispensable pour ceux qui viennent lui rendre visite. La littérature le sauve , elle lui a même permis de rencontrer sa femme.
Avis
Ce livre est un reportage terrible sur une vie que les occidentaux ne connaissent pas. L’écrivain Rachid Benzine décrit ces paysages de guerre avec un talent remarquable . L’émotion est au rendez-vous, et on peut dire que le récit de cet écrivain est plus évocateur que n’importe quelle photo.
Pour les âmes sensibles, la consolation, si on peut parler d’une consolation, vient de ce lien vital avec la littérature très présente dans tout le récit. Chaque chapître porte le nom d’une œuvre littéraire.
Le livre se termine par « la table du Ramadan » qui a eu lieu le 1er mars 2025 : « Une table de plusieurs centaines de mètres est dressée au milieu des rues. De part et d’autre des immeubles détruits, des amoncellements de gravats, et des gens , des humains, ramenés à leur condition d’humain, partagent le repas du ramadan ».
Patricia Laurentin, le 11 février 2026