Récit “L’impossible retour”, d’Amélie Nothomb

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  • “L’impossible retour”, d’Amélie Nothomb (Ed. Albin Michel – 18,90 € – 157 pages – Août 2024)

par Patricia Laurentin (BPT UTT et CHRU/GdR) , le 31 mars 2025

 

L’Auteur

Amélie Nothomb, romancière belge de langue française, est  née le 9 juillet 1966 à Etterbeek. Fille de diplomate, elle a passé sa prime jeunesse au Japon, lorsque son père était consul général à Osaka, puis plus tard, après ses études,  agrégation gréco-latine en poche, son père étant alors ambassadeur de Belgique au Japon
Autrice prolifique et bien connue, elle publie un ouvrage par an depuis 1992, année de publication de son premier roman “Hygiène de l’assassin”

 

Le Livre

« Le Japon est mon premier échec amoureux… Je n’y arrive pas », nous dit Amélie Nothomb.
A quoi n’arrive-telle pas ? C’est une véritable angoisse pour elle !

Et pourtant c’est avec talent et humour qu’ « elle arrive » à nous convaincre du contraire : Dans ce récit autobiographique, sous forme de carnet de voyage «elle arrive » à être un merveilleux guide du Japon  pour son amie Pep qui l’accompagne. Cette dernière lui permet de renouer avec cette culture asiatique qu’Amélie a bien connue dans sa jeunesse  et, tout en étant attentionnée pour la jeune femme , elle livre aussi au lecteur sa connaissance psychologique de la mentalité japonaise. Nous visitons avec elle un temple, nous grimpons en haut d’une montagne, nous admirons le « Pavillon d’or » mis en scène par le grand auteur japonais Mishima.

L’état d’extase est souvent au rendez-vous de ces visites. Un état qu’on n’explique pas…; ou peut-être en évoquant une sensation de vide, propre à la culture japonaise. « L’air est pur et nous respirons à pleins poumons ; je voudrais rester ici toujours», nous dit-elle en haut de sa montagne.

Cependant «L’impossible retour » titre de son livre, nous pose question ; Amélie Nothomb est-elle toujours amoureuse du Japon ? Sa réponse sera donnée à la fin de ce récit …

Le lecteur appréciera ce carnet de voyage plein de vie avec une pointe d’humour qui nous fait sourire et aussi nous permet d’aimer ses réflexions originales et savoureuses.

Patricia Laurentin, (BPT UTT et CHU/GdR)

Roman “Le doux murmure des Carpates” d’Anne-Sophie Lacombe

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Roman “LE DOUX MURMURE DES CARPATES”, d’Anne-Sophie Lacombe ( Editions Le Héron Bleu –  255 pages – Prix 16,50 euros)

Fiche de lecture de Brigitte Mangoni, le 17 mars 2025

Roman lauréat du Prix SERANNE 2024, organisé par le Grand Pic Saint-Loup.

La couverture représente une sculpture de Constantin Brancusi, sculpteur roumain, né en 1876 et mort en 1957. Une collection de ses sculptures est exposée au centre Pompidou à Paris.

L’AUTRICE : Anne-Sophie Lacombe

Anne-Sophie Lacombe est écrivaine à Villeneuve-lès-Maguelone.
Pourquoi est-elle devenue écrivaine ? Littéraire contrariée, elle excellait aussi dans les matières scientifiques. Elle a suivi le parcours des bons élèves que l’on envoie vers des métiers sûrs. Aujourd’hui, Anne-Sophie Lacombe est fonctionnaire des collectivités territoriales, mais sa passion c’est l’écriture. Elle écrit depuis 2006. D’abord des poèmes. Installée dans la région, elle avouera que c’est le pourtour méditerranéen qui l’a révélée.
Elle a publié un premier roman en septembre 2023, intitulé Le Doux murmure des Carpates aux éditions Le héron bleu. Interviewée dans Midi Livre elle dira : “J’ai souhaité que ce roman, fruit d’un long processus de création, soit conçu avec des acteurs de proximité, Le graphisme a été réalisé par Isabelle Michel, infographiste à Villeneuve et imprimé par AGL, imprimerie familiale basée à Maurin.”.

Son livre a été sélectionné pour le Prix des lecteurs du grand Pic Saint-Loup. Il a été soumis aux votes du public du 14 juin au 15 novembre 2024, avant une remise de prix qui a eu  lieu le 28 novembre 2024, à Saint-Gély-du-Fesc. Anne-Sophie Lacombe a assisté à une conférence à la gazette café à Montpellier le Samedi 22 juin 2024  afin de parler de son premier roman.

Ce prix est une reconnaissance par les 18 médiathèques du réseau et les lecteurs enthousiasmés par ce roman.


LE LIVRE

Ce dernier a pour thème l’exil, la quête d’identité, les mécanismes de transmission transgénérationnelle, ainsi que le métier de sage-femme à travers l’histoire d’Ileana, jeune femme d’origine roumaine arrivée en France à l’âge de 7 ans, sa famille ayant fui la dictature de Ceaucescu.

Résumé : Ileana est une enfant de 7 ans lorsqu’elle fuit la dictature de Ceausescu en Roumanie. Elle fuit Bucarest dans la nuit et le froid, avec sa mère et sa grand-mère paternelle, Mamina, afin de retrouver son père, déjà parti à Paris depuis plusieurs mois.

A Paris, la petite famille mènera une existence heureuse, rêvée, pour la petite Ileana qui mange enfin à sa faim, a des vêtements décents, des jouets. Seule Mamina, déracinée aura beaucoup de difficultés à s’intégrer, elle refusera de parler et de manger français.

Cette merveilleuse grand-mère comblera d’amour l’enfant, et lui fera découvrir des recettes de la cuisine roumaine.

Les parents seront plus froids et mettront la pression à Ileana pour avoir les meilleures notes en classe, exceller en Français et ne pas parler Roumain. Leur passé est derrière eux.

La loi du silence règne au sein de cette famille qui n’évoque jamais la Roumanie. Les parents d’Ileana ne racontent rien à l’enfant et s’obstinent à ne plus vouloir entendre parler « leur ancienne langue » ou manger les plats roumains que leur confectionne avec beaucoup d’amour Mamina, la grand-mère paternelle.

Mamina disparaitra pourtant lorsque Ileana aura 17 ans, et la perte de cette grand-mère sera difficile à accepter pour la jeune fille.

Elle deviendra une adulte qui fera des études de sage-femme, se mariera et aura deux enfants.

Du passé et de son ascendance en Roumanie, Ileana n’aura jamais d’informations. Les parents s’obstineront et ne révèleront rien.

Arrivée à 30 ans, Ileana bien que parfaitement intégrée en France, souffre. Son passé deviendra une obsession et même si elle est infiniment reconnaissante à la France, laquelle l’a accueillie, lui a offert la sécurité, la liberté d’expression, un métier, elle a besoin de savoir. Les souvenirs et la culture de sa grand-mère Mamina l’obsèdent et la nostalgie du pays qui l’a vue naître, la Roumanie, s’installe, et ne la quittera plus.

Elle décide de faire un séjour à Bucarest, et va rechercher activement l’histoire de ses ascendants. Elle y découvrira les secrets de sa famille.


Mots clés :
Nostalgie, Intégration, déracinement, ascendance, culpabilité, amour, métier de sage-femme, transmission transgénérationnelle.


Mon analyse et ressenti
: J’ai beaucoup aimé ce roman car il est très bien construit et d’une grande sensibilité. L’écriture est fluide, cohérente,  narrative et a un intérêt historique, il est d’autre part très bien documenté sur l’époque terrible de la dictature de Ceausescu et de ses militaires qui ont fait régner la terreur. Il m’a permis de comprendre mieux cette époque. Les qualités rédactionnelles de l’autrice sont indéniables. Sophie Lacombe est créative et transmet aux lecteurs des émotions.

Dans cette histoire, le lecteur peut ressentir une certaine frustration et incompréhension devant l’attitude des parents qui ne révèlent rien à leur fille. C’est une bataille permanente pour Ileana si intégrée en France et pourtant si tiraillée et culpabilisée de ne pas transmettre à ses enfants la culture des ascendants (langue, culture). Enfin, c’est un livre d’amour où le sens de la famille est très fort. La nostalgie y est omniprésente.

J’attends avec impatience le prochain roman d’Anne-Sophie Lacombe qui devrait nous transporter sur l’archipel tanzanien situé au large des côtes de l’Afrique de l’Est à Zanzibar.

Brigitte Mangoni (bibl. St Georges d’Orques), le 17 mars 2025

Roman “Ma grand mère et le Pays de la poésie”, de Minh Tran Huy

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  1. Roman « Ma grand-mère et le Pays de la poésie », par MINH TRAN HUY
    ( Ed. Flammarion – Janvier 2025 – 175 pages – 19,50 € )

 

L’auteur :

Minh Tran Huy est née en 1979 en région parisienne. Après des études en classe préparatoire au Lycée Henri IV, une maîtrise de lettres à l’Université Panthéon-Sorbonne et un master à l’Institut d’études politiques de Paris, elle est devenue rédactrice en chef adjointe au Magazine littéraire.

Le livre
L’écrivain Minh Tran Huy raconte sa grand-mère trop silencieuse. Bercée dès son plus jeune âge par cette grand-mère originaire du Vietnam, Minh Tran Huy lui redonne vie avec émotion : « Longtemps j’ai gardé la conviction que tu avais atterri en France avec un secret infiniment précieux…. Quelque chose que tu voulais préserver, quitte à ce que nul n’y ait accès … Peut-être n’aurais-je pas pris la plume si tu n’avais pas refusé de prendre la parole . »

Heureusement que Minh Tran Huy écrit…car elle nous livre un véritable trésor en nous racontant des bribes de l’histoire de sa grand-mère. « Alors, j’embrasse, je couche et je caresse mes enfants en pensant à toi qui m’embrassais, me couchais et me caressais . (….) Et si tu n’es plus là, tu as été là auprès de moi. J’ai eu cette joie ».

Si ce trésor trop secret est infiniment précieux pour elle, pour nous il est riche de la culture qu’il dévoile. Intéressant de découvrir le passé d’un peuple si durement éprouvé par la Grande Histoire, et émouvant de ressentir la résilience de cette grand-mère qui transmet son courage et son élégance à sa petite fille toujours affectueuse, mais parfois ingrate comme le sont les petits-enfants avec leur grands-parents.

Quelques jolis contes asiatiques ajoutent une note poétique à ce récit et vont peut-être nous aider à comprendre que le Vietnam est aussi le pays de la poésie. Au milieu du chaos de ce pays qu’elle découvre lors d’un voyage, l’écrivain nous fait partager son désir de prendre un peu de recul. Après tout, ce sont ses racines !

Partagez cette joie sereine avec Minh Tran Huy, en lisant son livre, vous serez riche de ce beau trésor qu’elle nous livre : « Ecrire me permet de me frayer un chemin dans le chaos, les aléas et la folie du monde tel qu’il va ». C’est peut-être une phrase que nous avons besoin d’entendre à l’heure actuelle .

Patricia Laurentin (bibl UTT et CHU/GdR), le 13 mars 2025

Roman “La barque de Masao”, d’Antoine Choplin

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Roman “La barque de Masao” d’Antoine Choplin (Ed. Buchet-Chastel – Oct.2024 – 202 pages – 19,50 €)

   Antoine Choplin

  L’écrivain Antoine Choplin nous emmène dans un voyage plein de poésie et de silence, en barque? au Japon.

Masao est ouvrier sur l’île de Naoshima au Japon Il a été aussi gardien de phare. Un jour, près de longues années sans nouvelles, sa file Harumi vient le retrouver sur son lieu de travail. Masao, ému par la présence soudaine de sa fille, voit rejaillir les souvenirs d’un passé douloureux.

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BD “L’étranger”, de Jacques Ferrandez

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BDL’étranger”, de Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus ( Collection Fétiche, 2013 , 136 p., 19€)

 L’auteur :
Dessinateur, illustrateur, scénariste et contrebassiste de jazz, Jacques Ferrandez a beaucoup de cordes à son arc.
Né à Alger, le 12 décembre 1955, Jacques Ferrandez suit ses parents à Nice, où ils s’installent peu de temps après sa naissance.
Fo
rmé à l’École nationale d’Art décoratif de Nice, il commence sa carrière d’auteur de bande dessinée en 1978, dans la revue “A suivre” qui est un mensuel de BD pour adultes. Il se fait rapidement un nom dans le monde de la bande dessinée avec des œuvres marquantes. En 1987, il lance la série “Carnets d’Orient”, une fresque en dix volumes qui explore l’histoire de la présence française en Algérie, de la conquête à l’indépendance.
Il adapte également en bande dessinée deux romans d’Albert Camus : L’Hôte en 2009 et L’Étranger en 2013. Cette adaptation est particulièrement remarquée pour sa fidélité à l’œuvre originale et la qualité de ses illustrations.

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