Roman « HAMNET » de Maggie O’Farrell 15/10/2026 par Brigitte Mangoni

Loading

 

Roman « HAMNET » de Maggie O’Farrell 

par Brigitte Mangoni (Bibliothèque de St Georges d’Orques)

 

Hamnet

 

    Maggie O'Farrell — Wikipédia      Maggie O’Farrell naît en 1972 à Coleraine (Irlande du Nord). Elle est romancière et journaliste britannique contemporaine.  Après des études littéraires à l’université de Cambridge, elle exerce de nombreux emplois, notamment celui de critique littéraire. Face au succès de son premier roman, elle prend la décision d’abandonner sa carrière de rédactrice en chef des pages littéraires de l’Independent of Sunday pour se consacrer à l’écriture.

Elle est mariée avec l’écrivain William Sutcliffe et vit actuellement à Edimburg. Dans ses œuvres, elle met l’accent sur la psychologie des personnages, ainsi que sur le va-et-vient incessant de la vie qu’elle symbolise par le biais des nombreux voyages accomplis par ses personnages, et par son écriture fragmentée.

Ses œuvres sont caractérisées par :
• une intrigue se déroulant dans un pays anglophone où l’auteur a elle-même vécu : Écosse, Angleterre, Hong Kong, Irlande ;
• Les retours en arrière permettent de mieux comprendre le présent. C’est pourquoi Maggie O’Farrell opte pour une écriture non chronologique de la vie de ses personnages : elle aime à mêler passé et présent ;
• Le suivi d’une famille à travers différentes générations ;
• une culture des non-dits chez ces personnages ;
• une ode à l’émancipation des femmes elle dénonce, notamment dans son roman « L’Étrange Disparition d’Esme Lennox », la soumission des femmes et l’éducation rigide dont elles étaient l’objet dans les années 1930
• la complexité des relations fraternelles ;
• la perte d’êtres chers ;
• une sentimentalité à fleur de peau.

Son Roman « HAMLET » est un roman historique. Les mots clés sont les suivants : sorcellerie, maladie, jumeaux, peste, mort, deuil, famille, amour.

Résumé : Un jour d’été 1596, dans la campagne anglaise, une petite fille tombe gravement malade. Son frère jumeau, Hamnet, part chercher de l’aide car aucun de leurs parents n’est à la maison…
Agnès, leur mère, n’est pourtant pas loin, en train de cueillir des herbes médicinales dans les champs alentour ; leur père est à Londres pour son travail.
Maggie O’Farrell imagine dans ce roman un pan de la vie intime de Shakespeare sans jamais le nommer, en se polarisant sur l’environnement familial du poète (sa femme Agnès, ses trois enfants, ses parents) et sur les personnes de l’ombre qui l’ont entouré jusqu’à ses premiers succès au Globe Théâtre de Londres.

Le roman comprend deux temporalités alternées qui finissent par se rejoindre :

Le passé 15 ans en arrière (La genèse du couple) : Le récit explore la rencontre non conventionnelle entre un jeune précepteur de latin (William Shakespeare) étouffé par son père, et Agnès, une femme sauvage, vivant en symbiose avec la nature. Ce précepteur de latin travaille pour éponger les dettes de son père, un gantier acariâtre et autoritaire qui le bat régulièrement. Le lecteur devine que le jeune précepteur est Shakespeare (Il ne sera jamais nommé ainsi par l’autrice, qui le nomme « le précepteur » avant son mariage, puis « le mari » dans la seconde partie de sa vie).
Donc, c’est là, en lisière de forêt, qu’il va rencontrer Agnès « la femme à l’oiseau ». Il tombe amoureux immédiatement de cette fille étrange, au fluide extraordinaire, et vivant en synergie avec la nature, fée ou sorcière selon les rumeurs, qui prépare onguents et potions. Le précepteur l’épouse rapidement et de leur union naîtront Susanna puis des jumeaux : Judith et Hamnet. La famille s’installe à Stratford chez ses parents à lui…

Le présent (1596) : Une course contre la montre oppressante, suit le jumeau, Hamnet, cherchant désespérément de l’aide dans une maison vide alors que sa sœur jumelle Judith est frappée par la « pestilence ». Il n’y a personne dans la maison, Hamnet est seul avec sa sœur, ne sachant que faire.

 Les grands thèmes du livre : 

Le deuil.  L’autrice dissèque avec beaucoup de justesse l’impact de la perte d’un enfant sur un couple, mais aussi sur la fratrie.
L’émancipation de la femme. L’importance du personnage d’Agnès qui a un rôle central dans le roman. Elle est dépeinte par les historiens sous le nom d’Anne Hathaway (une épouse délaissée et illettrée). L’écrivaine lui redonne son nom de naissance, Agnès, et en fait la véritable héroïne du livre. Elle est le moteur de la famille.
Le lien gémellaire Le roman explore la relation fusionnelle et mystique entre les jumeaux Hamnet et Judith.
L’art comme libération  : comment survivre à la perte d’un enfant ?  En écrivant la pièce Hamlet, le dramaturge  ressuscite littéralement son fils sur scène.

L’autrice restitue avec beaucoup de justesse les conditions de vie de l’époque. Elle relate ainsi la vie familiale de William Shakespeare, sa jeunesse, sa rencontre avec Agnès, son mariage. Le lecteur est en pleine immersion dans la vie quotidienne de l’Angleterre rurale du 16ème siècle. La plume est précise, l’écriture merveilleuse.

Mon analyse : on vit les scènes comme si l’on était présent aux cotés d’Agnès,  des enfants, du mari. C’est une histoire terriblement triste mais tellement humaine ! C’est un roman de grande qualité.

Roman « Le visage de la nuit » de Cécile Coulon –

Loading

Roman « Le visage de la nuit » de Cécile Coulon – (Editions l’Iconoclaste, 275 pages.)- 

par Brigitte Mangoni (Bibliothèque de St Georges d’Orques), le 18 Février 2026 –

  

 

Un conte moderne, noir, cruel et intemporel où la laideur et la beauté se croisent. Le jour est source d’angoisse, la nuit, de liberté et d’apprentissage.

Lire la suite

Roman « Le doux murmure des Carpates » d’Anne-Sophie Lacombe

Loading

Roman « LE DOUX MURMURE DES CARPATES », d’Anne-Sophie Lacombe ( Editions Le Héron Bleu –  255 pages – Prix 16,50 euros)

Fiche de lecture de Brigitte Mangoni, le 17 mars 2025

Roman lauréat du Prix SERANNE 2024, organisé par le Grand Pic Saint-Loup.

La couverture représente une sculpture de Constantin Brancusi, sculpteur roumain, né en 1876 et mort en 1957. Une collection de ses sculptures est exposée au centre Pompidou à Paris.

L’AUTRICE : Anne-Sophie Lacombe

Anne-Sophie Lacombe est écrivaine à Villeneuve-lès-Maguelone.
Pourquoi est-elle devenue écrivaine ? Littéraire contrariée, elle excellait aussi dans les matières scientifiques. Elle a suivi le parcours des bons élèves que l’on envoie vers des métiers sûrs. Aujourd’hui, Anne-Sophie Lacombe est fonctionnaire des collectivités territoriales, mais sa passion c’est l’écriture. Elle écrit depuis 2006. D’abord des poèmes. Installée dans la région, elle avouera que c’est le pourtour méditerranéen qui l’a révélée.
Elle a publié un premier roman en septembre 2023, intitulé Le Doux murmure des Carpates aux éditions Le héron bleu. Interviewée dans Midi Livre elle dira : « J’ai souhaité que ce roman, fruit d’un long processus de création, soit conçu avec des acteurs de proximité, Le graphisme a été réalisé par Isabelle Michel, infographiste à Villeneuve et imprimé par AGL, imprimerie familiale basée à Maurin. ».

Son livre a été sélectionné pour le Prix des lecteurs du grand Pic Saint-Loup. Il a été soumis aux votes du public du 14 juin au 15 novembre 2024, avant une remise de prix qui a eu  lieu le 28 novembre 2024, à Saint-Gély-du-Fesc. Anne-Sophie Lacombe a assisté à une conférence à la gazette café à Montpellier le Samedi 22 juin 2024  afin de parler de son premier roman.

Ce prix est une reconnaissance par les 18 médiathèques du réseau et les lecteurs enthousiasmés par ce roman.


LE LIVRE

Ce dernier a pour thème l’exil, la quête d’identité, les mécanismes de transmission transgénérationnelle, ainsi que le métier de sage-femme à travers l’histoire d’Ileana, jeune femme d’origine roumaine arrivée en France à l’âge de 7 ans, sa famille ayant fui la dictature de Ceaucescu.

Résumé : Ileana est une enfant de 7 ans lorsqu’elle fuit la dictature de Ceausescu en Roumanie. Elle fuit Bucarest dans la nuit et le froid, avec sa mère et sa grand-mère paternelle, Mamina, afin de retrouver son père, déjà parti à Paris depuis plusieurs mois.

A Paris, la petite famille mènera une existence heureuse, rêvée, pour la petite Ileana qui mange enfin à sa faim, a des vêtements décents, des jouets. Seule Mamina, déracinée aura beaucoup de difficultés à s’intégrer, elle refusera de parler et de manger français.

Cette merveilleuse grand-mère comblera d’amour l’enfant, et lui fera découvrir des recettes de la cuisine roumaine.

Les parents seront plus froids et mettront la pression à Ileana pour avoir les meilleures notes en classe, exceller en Français et ne pas parler Roumain. Leur passé est derrière eux.

La loi du silence règne au sein de cette famille qui n’évoque jamais la Roumanie. Les parents d’Ileana ne racontent rien à l’enfant et s’obstinent à ne plus vouloir entendre parler « leur ancienne langue » ou manger les plats roumains que leur confectionne avec beaucoup d’amour Mamina, la grand-mère paternelle.

Mamina disparaitra pourtant lorsque Ileana aura 17 ans, et la perte de cette grand-mère sera difficile à accepter pour la jeune fille.

Elle deviendra une adulte qui fera des études de sage-femme, se mariera et aura deux enfants.

Du passé et de son ascendance en Roumanie, Ileana n’aura jamais d’informations. Les parents s’obstineront et ne révèleront rien.

Arrivée à 30 ans, Ileana bien que parfaitement intégrée en France, souffre. Son passé deviendra une obsession et même si elle est infiniment reconnaissante à la France, laquelle l’a accueillie, lui a offert la sécurité, la liberté d’expression, un métier, elle a besoin de savoir. Les souvenirs et la culture de sa grand-mère Mamina l’obsèdent et la nostalgie du pays qui l’a vue naître, la Roumanie, s’installe, et ne la quittera plus.

Elle décide de faire un séjour à Bucarest, et va rechercher activement l’histoire de ses ascendants. Elle y découvrira les secrets de sa famille.


Mots clés :
Nostalgie, Intégration, déracinement, ascendance, culpabilité, amour, métier de sage-femme, transmission transgénérationnelle.


Mon analyse et ressenti
: J’ai beaucoup aimé ce roman car il est très bien construit et d’une grande sensibilité. L’écriture est fluide, cohérente,  narrative et a un intérêt historique, il est d’autre part très bien documenté sur l’époque terrible de la dictature de Ceausescu et de ses militaires qui ont fait régner la terreur. Il m’a permis de comprendre mieux cette époque. Les qualités rédactionnelles de l’autrice sont indéniables. Sophie Lacombe est créative et transmet aux lecteurs des émotions.

Dans cette histoire, le lecteur peut ressentir une certaine frustration et incompréhension devant l’attitude des parents qui ne révèlent rien à leur fille. C’est une bataille permanente pour Ileana si intégrée en France et pourtant si tiraillée et culpabilisée de ne pas transmettre à ses enfants la culture des ascendants (langue, culture). Enfin, c’est un livre d’amour où le sens de la famille est très fort. La nostalgie y est omniprésente.

J’attends avec impatience le prochain roman d’Anne-Sophie Lacombe qui devrait nous transporter sur l’archipel tanzanien situé au large des côtes de l’Afrique de l’Est à Zanzibar.

Brigitte Mangoni (bibl. St Georges d’Orques), le 17 mars 2025

Roman « Le rêve du Jaguar » , de Miguel Bonnefoy

Loading

LE REVE DU JAGUAR – Miguel BONNEFOY – (Editions Rivages – 294 Pages) –
présenté par Brigitte Mangoni (bibl . St Georges d’Orques), à l’occasion de la rencontre autour des livres du 9 décembre 2024 –

 

Pour ce roman, Miguel Bonnefoy a obtenu deux prix : le Prix Femina et le Grand Prix de l’Académie Française en 2024.

Lire la suite