Compte Rendu de la rencontre avec l’auteur Anne-Sophie Lacombe, le 17 mars 2025

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A LA DECOUVERTE D’UNE ECRIVAINE QUI VIT A VILLENEUVE LES MAGUELONE MAIS NOUS TRANSPORTE EN ROUMANIE, SUR LES CIMES DES CARPATES

      Le massif montagneux des Carpates

 

 Anne-Sophie LACOMBE
« Le doux murmure des Carpates »
Editions Le Héron Bleu

En cette fin d’hiver, des bénévoles de Culture et Bibliothèques Pour Tous se sont cordialement réunies dans la bibliothèque CBPT de Saint Clément de Rivière.

Nos objectifs ?

  • Accueillir l’autrice Anne-Sophie LACOMBE,
  • Découvrir l’univers de son premier roman : « Le doux murmure des Carpates»,
  • Et nous imprégner de ses paroles pour saisir la magie de la création littéraire.

Venez, suivez nous ! Et voici deux photos pour vous mettre l’eau à la bouche :        

                                   

Pour bien commencer, à l’arrivée des bénévoles de CBPT nous sommes accueillies par Danielle KELLER, bénévole responsable de la bibliothèque de Saint Clément de Rivière, et par son équipe. Elles savent tellement bien valoriser les ouvrages présentés dans leurs rayons qu’on a envie de tout emprunter !

Et pour continuer de bien commencer, nous voilà avec des gourmandises de l’après-midi, et une bonne tasse de café ou de thé à la main.

De droite à gauche :
Ecrivaine Anne-Sophie LACOMBE,
Brigitte MANGONI & Denise DELTERME,
Co-organisatrices de cette Rencontre Littéraire

Ah, auparavant, des informations d’organisation interne nous sont communiquées.
Les voici, brièvement présentées car on a hâte d’entrer dans le vif du sujet !

Parole à Dany SCHNEIDER, Présidente de CBPT 34 :

  • Notre prochaine Assemblée Générale se tiendra vendredi 6 juin, à Pézenas. Au programme :
    => le matin, présentation du dynamisme de CBPT 34, son actualité et ses projections harmonieuses dans nos réalisations à venir.
    => L’après-midi, visite culturelle guidée de Pézenas qui regorge de richesses architecturales porteuses de son histoire.
  • Notre futur Conseil d’Administration aura lieu 26 mai matin, à 9h30, dans notre local d’Antigone.

 

Parole à Denise DELTERME, co-organisatrice avec Brigitte MANGONI des « Rencontres autour des Livres » :

  • Retenez bien cette date du 26 mai que Dany vient de nous annoncer pour le C.A. En effet, le même jour, mais l’après-midi, nous vous donnons rendez-vous pour de nouvelles Rencontres !

Le thème ? Nos coups de foudre à l’issue de la Comédie du Livre / 10 jours en mai.
Cet important événement littéraire aura lieu cette année du 9 au 18 mai 2025. Nous serons plusieurs à aller à la découverte de nouveaux auteurs ou nous réchauffer auprès d’autrices, d’auteurs qui nous ont déjà enchantés.
Bienvenue à vos présentations lundi 26 mai, à partir de 14h00, dans le grand local ADRA d’Antigone (adjacent à la pharmacie de la place du Nombre d’Or).
Le programme des festivités n’est pas encore dévoilé, mais ça ne saurait guère tarder. En cliquant sur ce lien internet, vous pourrez pressentir à quelle(s) conférence(s) vous vous rendrez :
Le festival | (10joursenmai.fr)

AVANT-GOUT du doux murmure des Carpates

Brigitte MANGONI, bénévole à la Bibliothèque CBPT de Saint Georges d’Orques, ne résiste pas à la joie de nous faire part de ses impressions à la lecture de ce premier roman d’Anne-Sophie LACOMBE « Le doux murmure des Carpates ». Son appréciation est élogieuse :

  • L’écriture est fluide,
  • On se laisse emporter dans l’histoire d’une jeune enfant,
  • Les thèmes de l’exil, de la quête d’identité, des liens transgénérationnels sont omniprésents et superbement développés.

Brigitte nous fait part de ses mots clés : Exil / Nostalgie / Intégration / Déracinement / Transmission générationnelle, mais aussi : Table rase du passé / Loi du silence / Culpabilité.

Elle nous précise que ce roman avait été sélectionné pour le Prix des lecteurs du Grand Pic Saint Loup, et qu’il a obtenu le Prix Seranne. C’est très mérité car quand on commence à le lire, on est transporté dans un univers, et on ne le quitte plus.

Brigitte va bientôt publier sa présentation sur notre site. Internautes, en consultant cet article, vous aurez un éclairage qui vous donnera envie de suivre la destinée de Iléana, une enfant roumaine exilée en France à l’âge de 7 ans, sa famille fuyant la dictature Ceausescu.

Si vous ne trouvez pas ce doux murmure des Carpates en librairie, commandez-le, ou venez l’emprunter dans une de nos bibliothèques CBPT !

Place, maintenant, à l’autrice Anne-Sophie LACOMBE,
Qui a répondu favorablement à notre invitation,
Et que nous avons l’honneur de recevoir aujourd’hui.

Anne-Sophie LACOMBE, le 17 mars 2025,
présentant son premier roman
et nous faisant partager les prémisses de sa prochaine création littéraire

Nous voilà toutes confortablement installées dans un espace agréablement aménagé de la Bibliothèque de Saint Clément de Rivière.

Denise Delterme :
« Merci, Anne-Sophie Lacombe, pour votre présence. Nous avons la chance d’avoir avec vous une écrivaine locale car vous vivez à Villeneuve Lès Maguelone, mais la qualité de votre écriture commence à vous faire accéder à une reconnaissance nationale. Et je crois savoir que vous êtes invitée en mai à Paris, par le centre culturel roumain. Anne-Sophie, pouvez-vous vous présenter à nous, puis nous dire comment vous êtes venue à l’écriture, jusqu’à publier ce premier roman ?

Anne-Sophie Lacombe :
Le goût de la lecture, de la littérature puis de l’écriture, j’ai toujours eu ça en moi. Très tôt, j’ai dévoré les livres. Mais j’ai été une littéraire contrariée. J’ai donc fait des études de droit et je suis devenue fonctionnaire territoriale. J’ai vécu et fondé une famille à Bordeaux puis, en 2011, j’ai fait le choix de la Méditerranée. J’ai vraiment le sentiment d’être ici chez moi, et ça a libéré ma créativité. Quelque chose en moi s’est libéré.

Denise Delterme :
Vous vous en doutez, Anne-Sophie, les questions des bénévoles bibliothécaires, ici présentes, vont fuser ! Et voici la première :

Question :
Tout au long de ce roman, la narration est faite à la première personne du singulier, et on suit une petite enfant exilée de 7 ans, d’origine roumaine, qui grandit puis devient une femme ayant fait le choix de devenir sage-femme – fonction qui va la relier à ses grands-mères et arrière arrière grands-mères, ses « maminas » de Roumanie.

Votre roman traite tellement fortement le thème de l’exil et du besoin d’être en lien avec ses origines, que j’ai cru qu’il y avait une part d’autobiographie. Mais non ! Nous confirmez-vous que vous n’avez aucun lien avec la Roumanie ?

Sourire de Anne-Sophie Lacombe :

Effectivement, je suis née en France, de nationalité française, et je n’ai aucun lien familial avec la Roumanie. J’ose même avouer que je n’y suis encore jamais allée. Mais bien sûr, la Roumanie compte dans ma vie puisque c’est le pays que j’ai choisi pour mon premier roman. Il a fallu que je travaille ardemment pour m’imprégner de ses us et coutumes, de sa culture, de son histoire, et notamment de cette terrible période de dictature qui a fait tant de victimes, et conduit à l’exil un nombre important de familles.

Question :
Quels seraient les auteurs que vous aimez, et qui ont pu vous inspirer ?

Anne-Sophie Lacombe :
Spontanément, il me vient à l’esprit deux livres :

  • « Un brillant avenir», de Catherine Cusset, qui est d’origine bretonne, et vit aux Etats-Unis. Dans ce livre, il est question aussi de la Roumanie !
  • Et « La vierge en bleu », de Tracy Chevalier, qui raconte le parcours d’une femme isolée se mettant à effectuer des recherches sur ses ascendants, et se découvrant une ancêtre du 16ème siècle confrontée très directement à cette terrible guerre de religion qui a opposé les Catholiques et les Protestants.

Ces deux ouvrages ont été une sorte de terreau pour moi, et j’ai tiré sur les fils.

Question :
Quelles sont les conditions dans lesquelles vous écrivez ? Qu’est-ce qui favorise votre créativité ?

Anne-Sophie Lacombe :
Alors j’écris devant mon ordi. Il m’est arrivé, en déplacements, d’écrire en manuscrit, mais ça m’a fait perdre beaucoup de temps.
Il me faut aussi gérer au mieux ma vie familiale, ma vie professionnelle, et concilier harmonieusement tout ça. Mon mari m’apporte une aide en informatique, et c’est précieux.  C’est une recherche d’équilibre perpétuelle. Je travaille les vendredis, les samedis. Et je m’astreins à une discipline ! Ainsi, il ne faut pas que j’aie une lessive à étendre ou une tonne de linge à repasser qui m’attend !

Rires complices de l’assemblée

Vous dire aussi que l’écriture de mon premier roman m’a pris beaucoup de temps. Une fois fini, j’ai ressenti le besoin d’être relue. J’ai donc cherché et trouvé un Conseil littéraire. Cette femme s’est avérée être de bon conseil puisqu’elle m’a suggéré de raccourcir certains passages, d’éviter en quelque sorte des redites, même si ce n’était pas pareillement exprimé.
Eric-Emmanuel Schmitt, auteur prolifique de qualité, a, me semble-t-il, exprimé, lors d’une interview, combien il est important de réécrire, de couper encore et encore, jusqu’à trouver le bon équilibre de la phrase.

Je me suis donc attelée à ces coupures. Ça m’a pris 9 mois… Toute une symbolique !

Denise Delterme :
Les Roumains bénéficient d’une culture francophone, et sont très francophiles. La langue française a longtemps été « la » langue de la diplomatie. Lors de l’exil consécutif à un dictature impitoyable, beaucoup de personnes qui s’étaient réfugiées en France étaient CSP + (Catégorie Socio-Professionnelle regroupant les cadres et les chefs d’entreprises).
La culture et l’art sont en liens étroits, ou plutôt imbriqués. Anne-Sophie, la 1ère de couverture de votre livre est magnifique. Comment s’est opéré votre choix ?

Anne-Sophie Lacombe :
Son roman entre les mains, Anne-Sophie nous présente la 1ère de couverture, et fait circuler dans l’assemblée un album d’art consacré à Brancusi, ce grand artiste Roumain qui a marqué le XXème siècle. Elle nous montre une photo de la fameuse statue qui a obsédé Brancusi (Mademoiselle Pogany), qu’il a reproduite de multiples fois, « ni tout-à-fait la même, ni tout-à-fait une autre ».

             

         Mademoiselle Pogany               Constantin Brancusi                                   Le baiser

Anne-Sophie Lacombe nous confie :
« Quand j’ai découvert cette statue, j’ai eu le coup de foudre. Brancusi, il est unique.

Il est né en Roumanie en 1876 et décédé en 1957 à Paris, naturalisé français. Ses parents étaient des paysans aisés des Carpates, et son père sculptait le bois.
En 1912, il part à pied à Paris ! En ce début du XXème siècle, Paris est aussi capitale de l’art, et accueille des artistes venant des 4 coins du monde.
Bien sûr, il va à l’atelier de Rodin. Mais il n’y restera pas longtemps, en expliquant : « Il ne pousse rien à l’ombre des grands arbres ».

Rapidement, son talent sera reconnu. Oui, de son vivant, Brancusi a même été la coqueluche des Parisiens ! A cette époque, il est dans une quête absolue, avec son désir de réalisation d’un rêve : sculpter et faire monter une colonne jusqu’au ciel ! Ses années 30 ont été imprégnées de son obsession artistique qui deviendra réalité. Cette colonne est dans le sud de la Roumanie, et elle mesure … 29 mètres.

Voilà, vous savez maintenant pourquoi j’ai dans « Le doux murmure des Carpates » cette belle illustration graphique qui fait se côtoyer ce visage d’une beauté sidérante et cette colonne métaphysique. La représentation de ces deux œuvres majeures que j’ai réunies sur la 1ère de couverture de mon 1er roman illustre très bien l’identité de la Roumanie dont mon livre est imprégné. Merci à Fabienne Bourgeade, amie artiste graphiste d’une amie, qui a concrétisé ce que je souhaitais.

         La tour sans fin

Question :
Le titre de votre roman est magnifique. Il interroge, il est poétique. Comment l’avez-vous trouvé ?

Anne-Sophie Lacombe :
« Le doux murmure des Carpates » s’est d’emblée imposé à moi comme « le » titre le plus représentatif du pays qui m’inspirait, la Roumanie, avec ses massifs montagneux majestueux des Carpates.

Question :
Beaucoup de vos lecteurs, et nous en sommes, ont beaucoup aimé votre premier roman. Certains ont très probablement pris contact avec vous. Que vous apportent ces échanges avec vos lecteurs ?

Anne-Sophie Lacombe :
Beaucoup de joie. Des émotions aussi. Je pense notamment à une femme qui travaillait à l’ambassade de Roumanie, et m’a téléphoné. Cette conversation a été très riche. Et voilà que quelques mois après, elle m’a envoyé une photo d’elle en Roumanie, posant devant la colonne de Brancusi qui monte au ciel, et tenant dans ses mains mon roman ! Je lui en suis infiniment reconnaissante.

Question :
On croit savoir que vous êtes en train d’écrire votre deuxième roman. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Anne-Sophie Lacombe :
Oui ! Même qu’il est déjà bien avancé. Là aussi, mon roman est imprégné d’un lieu fort de son histoire : Zanzibar, cet archipel de Tanzanie qui a connu l’esclavage. C’est leur quête de la liberté qui m’a fortement interpellée.

Comme pour la Roumanie, j’ai fait un gros travail de documentation. Oui, j’ai consulté un grand nombre de textes, y compris dans la langue anglaise car tout n’a pas été traduit en français. C’est comme ça que ça « imprime » en moi ! Je ne suis pas historienne, mais pour autant, je ne suis pas à côté de la vérité, et tout ce que je relate est plausible.

 * * * * * * * * * * * * * * *

Anne-Sophie, les bénévoles bibliothécaires de Culture et Bibliothèques Pour Tous
ont hâte d’être vos futures premières lectrices de votre deuxième roman

Mais que le temps file vite ! Nous voilà arrivées au terme de cette belle interview.
Nous ne résistons pas à lire deux extraits du doux murmure des Carpates. L’un choisi par une bénévole bibliothécaire, l’autre choisi par l’autrice elle-même.

Lectrices et lecteurs de cette interview, sachez que le choix d’extraits est un choix grand angle. On n’a que l’embarras du choix pour décider d’un condensé, tellement de multiples paragraphes sont imprégnés de ces aspects essentiels de la rencontre de deux cultures et des souffrances de l’exil.

 

POUR FINIR EN BEAUTE :

Eloge de Danielle KELLER, bénévole responsable de la bibliothèque de Saint Clément de Rivière :

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire votre roman. Au Prix du Pic Saint Loup, je l’ai ardemment défendu. L’histoire est très bien construite, et, cerise sur le gâteau, c’est une très belle écriture. Les phrases ont un riche vocabulaire très précis, et leur construction est très travaillée. Les bénévoles qui ont eu aussi un coup de cœur se joignent à moi pour vous dire merci.

Amatrices et amateurs de subtile littérature,
Belle découverte à vous de ce doux murmure des Carpates
Qu’Anne-Sophie Lacombe vous donne à écouter

 

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