« Cadou Loire intérieure », de Jean Rouaud

Rencontre autour des livres CBPT du 19 Mars 2018

« Cadou Loire Intérieure« , essai de Jean Rouaud, paru en 1999 aux éditions Joca Seria, présenté par Geneviève Munier (BPT UTT).

L’auteur est né en 1952 à Campbon en Loire-Atlantique, à l’époque appelée Loire Inférieure, d’où le jeu de mot du titre. Il fut récompensé par le prix Goncourt pour son premier roman « Les champs d’honneur ». Cela le desservira car, depuis, malgré le nombre important d’ouvrages parus, plus d’une trentaine (entre romans, essais, livres illustrés et autres), il n’a jamais eu beaucoup de succès.

C’est un essai sur la vie du poète René-Guy CADOU, instituteur dans la petite commune de Louisfert (44). Il faisait partie de l’école de Rochefort (Rochefort/Loire), fondée en 1941 par le poète Jean Bouhier. Cette école constitue, après le surréalisme, un des principaux mouvements de la poésie française du xxe siècle. René-Guy Cadou mourut à la trentaine de tuberculose.

Petit texte qui alterne les propos de l’auteur sur le poète et les vers de ce poète.

L’auteur raconte l’histoire du poète René-Guy Cadou en entremêlant, donc, son écriture aux vers du poète. Ce recueil, ce petit fascicule plutôt, est toujours là près de moi et je le relis à l’envi. Jean Rouaud connaît si bien le poète qu’il est capable de marcher dans ses pas. On dirait une seule voix, les vers s’imbriquent parfaitement dans le texte et inversement.

« Je n’irai pas tellement plus loin que la barrière de l’octroi
Que le petit bistrot tout plein d’une clientèle maraîchère
Je ne ferai jamais que quelques pas sur cette terre
Et dans cette grande journée
Je ne passerai pas pour un vieil abonné »

L’instituteur de Louisfert, Loire-Inférieure voyait juste. Son abonnement terrestre prit fin au printemps 1951, quelques jours après qu’il eût fêté ses trente et un ans, dont quinze reclus en poésie.

C’est ainsi, tout au long du récit que se mélangent les vers du poète et la prose du narrateur. L’écriture est belle, les propos toujours tendres et qui traduisent parfaitement cet amour de Jean Rouaud pour le poète, amour que je partage totalement.

Et je garde à l’intérieur du petit livre, précieusement, le gentil mot de l’auteur en réponse à la lettre émue que je lui avais adressée après la lecture de ce bijou.

 

 

 

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