2 SUR 2 : LA COMEDIE DU LIVRE 2024 ET NOS COUPS DE CŒURS QUI N’ONT PAS FINI DE BATTRE !

2 SUR 2 : LA COMEDIE DU LIVRE 2024 ET NOS COUPS DE CŒURS QUI N’ONT PAS FINI DE BATTRE !
par Maryvonne Sendra

             

Continuons donc de partager les coups de cœur des bénévoles de CBPT 34 Culture et Bibliothèques Pour Tous de l’Hérault, éprouvés lors de « La comédie du Livre, 10 jours en mai », cet événement culturel majeur que Montpellier a l’honneur d’accueillir chaque année.

Poursuivons notre petit tour de table en naviguant de bénévole à bénévole.

Découvrons des terras incognitas, et explorons les nouveaux univers d’autrices et d’auteurs qui nous ont déjà épatés !

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Bénévoles : Eveline Genée et Catherine Lauriac de la bibliothèque de Grabels
Auteurs : Roland LEHOUC, Astrophysicien et Audrey PLEYNET, Romancière
Quoi ? : Sur la thématique de l’imaginaire, dialogue sur la place de la science dans la
science-fiction

Eveline et Catherine  nous disent d’emblée que pour ces auteurs, l’une romancière proche des sciences sociales, et l’autre astrophysicien de haut niveau scientifique :

Oui, il existe des passerelles entre la Science et la Science-Fiction,
laquelle exerce une action sur le monde
.

 Et si, et si… poursuivent-elles, intervenait aussi l’action des IA Intelligences Artificielles ?

Enfin, qu’en est-il de l’influence de la fiction sur la réalité ? Au pire, le monde pourrait-il devenir dystopique, où les citoyens ne peuvent plus exercer leur libre arbitre ?

  • En conclusion provisoire, les bibliothécaires nous rassurent  : pour la romancière comme pour l’astrophysicien, l’homme et sa dimension éthique parviennent à un équilibre subtil.

La présentation de ce débat passionnant est consultable sur notre Web

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Bénévole : Françoise
Auteur : Charlie GILMOUR


Titre : « Premières plumes »
Editeur : Métailié

Françoise nous situe d’emblée au cœur chaleureux du lieu où s’est déroulée la conférence de Charlie Gilmour : La Gazette Café. La salle était archi pleine, nous précise-t-elle, et tout le monde a été sous le charme de cet auteur Britannique dont les « Premières plumes » sont le premier roman.
Charlie Gilmour, nous précise-t-elle, est le fils adoptif du grand guitariste des Pink Floyd.

Son récit, hyper bien écrit, autour d’une pie et d’un homme, est très émouvant. J’adhère 100% aux éloges qui figurent sur la 1ère de couverture. 

  • Françoise, nous n’allons pas résister à lire tes commentaires sur notre site, pour en savoir un peu plus sur cet ouvrage poétique et très surprenant!

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Auteurs : Ouvrage collectif d’élèves de CM1 et CM2 de Montpellier !
Titre : « Montpellier et le sport » (tome XV)
Collection : Les mystères de Montpellier

La bénévole présentatrice a été très émue de voir ces écoliers présenter avec application cet ouvrage collectif dont ils sont si fiers. Plein d’écoles y ont participé, nous précise-t-elle. Cette année, Jeux Olympiques obligent, la thématique toute trouvée a été celle du sport.

  • Formidable ! Parions qu’à l’approche des grandes vacances et du grand été, les sensibilités littéraires de nos petits seront éveillées !

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Bénévole : Denise DELTERME, Organisatrice de ces Rencontres Littéraires CBPT 34, et bénévole à la Bibliothèque CBPT de la Clinique Saint Roch
Quoi ? : Interviews croisées entre :
Emilienne MALFATTO, auteure, photojournaliste et photographe documentaire française
et Rafael ROA, photographe documentaire et réalisateur Colombien

Leur ouvrage commun : « L’absence est une femme aux cheveux noirs »

                                         
Editeur : Editions du sous-sol

– et avec le romancier français Léo HENRY,

écrivain de littératures de l’imaginaire (fantastique, science-fiction, fantasy), scénariste de bandes dessinées et de jeux de rôles, qui a récemment écrit « Héctor » (Editions du Rivage).

Le thème de l’imaginaire a été le fil conducteur qui a bercé ces 10 jours en mai 2024 !

Quant au fil conducteur qui a relié Emilienne Malfatto, Rafael Roa et Léo Henry, c’est l’Argentine. Chacun d’eux a apporté ses fragments de mémoire de l’histoire de ce pays qui a connu la dictature, et où tant de personnes disparurent.

Denise nous précise :

Dans ce témoignage à 3 voix, toutes s’accordent sur la difficulté pour beaucoup d’argentins d’aujourd’hui à évoquer ce passé déjà lointain (1976-1983). Un passé avec des témoins âgés ou disparus avec les années. Quant au présent, le nouveau président d’extrême droite est, lui, dans le déni de la dictature et de ses crimes :  30 000 disparus au moins, « bébés volés » (500 au moins)… Il fallait, selon l’idéologie du pouvoir dictatorial  d’alors « éradiquer le gène Rouge » (on pense à ce qui s’est passé en Espagne sous le franquisme , au Chili sous Pinochet).

Conclusion de Denise :

Ces artistes ont fait un grand travail d’enquête car il y a eu, après la dictature, un travail de mémoire (films, … ). Toutes ces sources, et des témoignages de familles, ont abouti à ces 2 œuvres d’un grand intérêt historique et artistique. Dans l’assistance, la poétique des photos de Rafarl ROA  a été en particulier soulignée. Le livre a été qualifié de « bel objet ».

On sait l’intérêt de nos lecteurs pour L’Histoire. Ces deux livres ont leur place dans nos bibliothèques.

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Denise, tu vas maintenant nous faire part d’un dialogue magnifique entre deux autrices qui se sont rencontrées lors de cette Comédie du Livre.

Quoi ? : Dialogue entre :

  • Murielle SZAC, écrivaine, journaliste et éditrice. Son deuxième roman, « Tosca », vient de paraître début 2024, aux Editions Emmanuelle Collas.

             

Dans ce livre, Murielle Szac a souhaité redonner son nom à un inconnu à la voix d’ange, qui a été fusillé en juin 44 par les milices. Cette nuit-là, celui qui savait qu’il allait mourir à l’aube a chanté Tosca, l’opéra de Puccini.

  • et la romancière basque espagnole Edurne PORTELA, qui vient de publier :

                                                    

                                                   ” Maddi », Editeur : Liana Levi (7/03/2024)

Denise poursuit avec intensité : Ces deux autrices ont en commun d’avoir, selon leur expression, par leurs romans, «donné  un tombeau » à ces deux personnes dont la deuxième guerre mondiale n’a pas permis qu’ils en ait un : le personnage de Tosca fut  fusillé par la milice de Touvier, et Matti a péri dans dans un camp nazi.

Murielle Szac  nous dit avoir  fait des recherches sans succès pendant des années pour retrouver  des traces de l’inconnu de la Tosca, un des 7 juifs raflés et assassinés en 1944 par la milice de Touvier. En 2014 elle découvre un poème sur Tosca ; elle prend la décision de la fiction, de « combler les trous de l’Histoire », elle écrit « Tosca », non sans être cependant allée sur les lieux où étaient enfermés les 7 futurs assassinés : « un placard de 7mX2 ». C’est toujours un placard dans ce bâtiment qui est aujourd’hui un collège.

Emotion et admiration envers la ténacité, la passion de cette autrice qui se fait passeur d’une histoire de barbarie  pas si lointaine.

Pour l’écriture de Matti, l’autrice espagnole Edurne Portela s’est livrée elle aussi à un grand travail de recherche pour cette femme  dont la vie fut emplie de contradictions (mère et seule, résistante et rendant des services aux allemands…) jusqu’à sa mort tragique en 1944.

L’enquête sur ces années 1930 à 1944 s’est avérée difficile car peu de témoins, seulement « une mémoire diffuse des anciens du village ».

L’autrice nous confie qu’elle a choisi l’écriture à la première personne, en se sentant libre d’imaginer Matti, cette femme libre dans cette époque qui l’était si peu.

L’écriture, ici acte politique, fut douloureuse.

Edurne Portela nous a confié : « Ce que je raconte du passé est dans notre présent », et nous précise : « Je suis dépositaire de ces vies ». 

La rencontre de ces deux autrices fut une des dernières auxquelles j’ai assisté.
Elle m’a laissée pleine d’admiration et de reconnaissance envers ces deux autrices … envie de l

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 Auteur : Mathieu BELEZI


Dessinateur : Kamel KHELIF
Titre : « Le temps des crocodiles »
Editeur : Le Tripode

La bénévole nous fournit le synopsis : L’auteur et le dessinateur expliquent ce qui se déroulait en Algérie du temps des colonies, du temps des crocodiles.

Dans l’assemblée des bénévoles, s’est exprimé le sentiment que cet ouvrage est hélas très hautement idéologique, et que la présentation de ce livre sur le site officiel 10 jours en mai.fr l’illustre très bien.

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Bénévole : Maryvonne SENDRA, bénévole à la bibliothèque CBPT de la Clinique Saint Roch
Auteur : Jon Kalman STEFANSSON
Quelques-unes de ses œuvres littéraires et poétiques :
« Entre ciel et terre » / « La tristesse des anges » / « D’ailleurs les poissons n’ont pas de pied » / « Lumière d’été puis vient la nuit », « Ton absence n’est que ténèbres », et sa dernière parution : « Mon sous-marin jaune » (en référence au yellow submarine de Paul Mc Cartney !)

Le roman dont nous allons nous entretenir :
« Ton absence n’est que ténèbres »

                                              

En ce samedi 18 mai, à partir de 16h00, la Maison des Chœurs de Montpellier a résonné de la voix du conférencier Jon Kalman STEFANSSON, de celle de son traducteur, et des questions du public conquis par la spontanéité de cet écrivain poète, par son humilité, sa capacité à trouver en lui les mots qu’on aurait aimé trouver pour exprimer la part d’universalité de notre condition d’êtres humains.

Ce livre à peine ouvert, voilà que l’Islande, ses fjords, son Océan bleu de froid, le bruissement de ses aurores boréales et sa bise glaciale sont là. Comme est là aussi l’épitaphe « Ton souvenir est lumière, ton absence n’est que ténèbres ». Mais dans le scenario étonnant, il y a quelque chose qui n’est pas là, qui a disparu et n’est plus
La lecture du 4ème de couverture désigne cette absence.

« Même en plein soleil, nous abritons en nous des vallées de ténèbres. Est-ce le prix à payer pour être humain ? »

Egaré dans les fjords loin de Reykjavik, un homme a perdu la mémoire. Dans le village où il s’est arrêté, tous semblent pourtant le connaître. Petit à petit, les récits qui lui sont faits le plongent dans la grande histoire d’une famille… A travers ce puzzle romanesque extraordinaire, l’homme poursuit sa quête : qui est-il ? Et qui sommes-nous ? Comment aimer, comment mourir ?

J’ai hâte de le lire mais je ne suis vraiment pas pressée de le finir.  Dès les premières pages, on est happé par la force d’une écriture rare qui mêle poésie, humour, intrigues, envolées philosophiques, espaces, temps et moments de présences intenses.

On n’a donc pas envie de lâcher ce magistral roman où se superposent ténèbres et lumières.

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Bénévoles : La totalité des bénévoles responsables de bibliothèques CBPT présentes !
Auteur : Jean-Baptiste ANDREA, écrivain, scénariste et réalisateur français
Roman : « Veiller sur elle » qui a obtenu le prix Goncourt 2023 et le prix du roman FNAC.

           

Synopsis :
Italie, 1986. Michelangelo Vitaliani, dit Mimo, est un vieil homme mourant, retiré dans un monastère. Ancien sculpteur, il « veille sur elle », sa dernière statue qui suscite l’émoi de celles et ceux qui la regardent. « Elle », vous allez le voir, va magnifiquement se conjuguer au pluriel.

A la fin de sa vie, Mimo replonge dans ses souvenirs, et livre l’histoire de sa vie.

Lui : Pauvre, dont le corps a oublié de grandir, formé en 1916 à la sculpture par un sculpteur tyrannique et dépourvu de talents. Le talent créateur de Mimo sera hautement reconnu.

Elle : Viola, unique fille de la puissante famille Orsini, ambitieuse et libre, avec son envie de voler et d’être bientôt la nouvelle Marie Curie. Elle devra se battre dans une société patriarcale qui la condamne à l’obscurité. L’artiste sculpteur veille également sur elle.

Le roman suit leur amour inavoué, entre séparations et retrouvailles pendant que l’Italie bascule dans le fascisme.

La conférence donnée par Jean-Baptiste ANDREA a eu lieu dans le salon du musée d’arts contemporains « MOCO » (Montpellier Contemporain). Dans le musée, quelques personnes du public ont été déçues de cette interview, et ont trouvé plutôt banals les propos de cet auteur. C’est étrange car le prix prestigieux dont « Veiller sur elle » a bénéficié plaide largement en sa faveur.

Les bénévoles CBPT qui ont lu le livre sont unanimes pour reconnaître la valeur de cet ouvrage, et souligner le succès rencontré dans les prêts effectués et sans cesse renouvelés.

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IL FAUT… UNE CONCLUSION !

Les meilleurs choses ont une fin… Mais on n’a pas encore fini de remplir nos besaces de quelques-uns de ces titres, avec des autrices et des auteurs de talent qui vont nous accompagner tout au long de notre été.

 

ON SE REVOIT QUAND ?

Les bénévoles de Culture et Bibliothèques Pour Tous se donnent rendez-vous en octobre, à la Rentrée. La création littéraire est tellement riche et prodigue qu’on pourra alors de nouveau évoquer les futures nouvelles parutions, pour notre plus grand bonheur et pour de nouvelles émotions.

 

3 réflexions au sujet de “2 SUR 2 : LA COMEDIE DU LIVRE 2024 ET NOS COUPS DE CŒURS QUI N’ONT PAS FINI DE BATTRE !”

  1. Bravo ! C’est toujours un plaisir de lire les comptes-rendus de Maryvonne, riches , vivants et fidèles reflets des propos échangés pendant les rencontres. Merci.

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  2. Pour celles/ceux qui n’ont pu participer à cette Comédie du Livre 2024, Maryvonne nous a concocté une magnifique déambulation littéraire, presque comme si on y avait été ! Merci pour toutes ces envies de lire que tu nous a envoyées.

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  3. Merci Annie et Anick pour vos chaleureux commentaires; je ne suis qu’un maillon de la belle équipe que nous formons.
    J’ai aussi envie de dire un grand merci à Denise Delterme, organisatrice et animatrice de ces Rencontres Littéraires qui tonifient nos envies de lire et de découvrir.
    Bel été à nous tous, un bon bouquin à l’ombre du parasol.

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