Balzac et la Petite Tailleuse chinoise – Dai Si Jie

Balzac et la petite Tailleuse Chinoise de Dai Si Jie, édition Gallimard, 2000, 190 pages – Livre présenté lors de la rencontre littéraire du 19 janvier sur le thème de l’Histoire.

L’auteur :

Dai Sijie, né le 2 mars 1954 à Putian dans le Fujian en Chine, est un romancier et cinéaste chinois d’expression française dont la vie a été marquée par la Révolution culturelle (1966-1976). Fils de médecins emprisonnés comme « bourgeois réactionnaires », il est envoyé en rééducation dans les montagnes du Sichuan de 1971 à 1974. Cette expérience autobiographique est au cœur de son premier succès, Balzac et la petite tailleuse chinoise, publié en 2000 et adapté au cinéma.

Après la mort de Mao en 1976, il étudie l’histoire de l’art à Pékin avant de s’installer en France en 1984 pour des études de cinéma à l’IDHEC. Il y réalise des courts métrages primés comme Chine, ma douleur qui gagne le prix Jean-Vigo en 1989 et des longs métrages tels que Le Mangeur de lune en 1994. C’est un écrivain prolifique publié chez Gallimard, il explore dans ses romans poétiques et historiques l’exil culturel, la foi et la Chine du XXe siècle, mêlant autobiographie et fiction, comme dans L’Évangile selon Yong Sheng publié en 2018, inspiré de son grand-père pasteur protestant.

Résumé : 
Dans Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise de Dai Sijie, deux garçons de la ville sont forcés, en 1971 d’aller dans un village perdu des montagnes du Sichuan pour apprendre à devenir paysans pendant la Révolution culturelle chinoise. Le narrateur, timide et myope aime jouer du violon et son ami Luo aime conter des histoires. Ce dernier tombe amoureux la fille du tailleur du village, une fille simple, jolie et sans éducation littéraire. Il se rapproche d’elle peu à peu en lui lisant des livres, une chose formellement prohibée lors de la Révolution culturelle. Le narrateur et Luo trouvent une valise cachée pleine de romans occidentaux comme ceux de Balzac, qu’ils lisent pour oublier leur quotidien difficile. Tout au long du roman, on observe les personnages évoluer et rêver à travers leurs lectures. Certains vont s’envoler grâce à cette valise pleine de livres, d’autres vont perdre espoir.

 

Le poids de la Révolution culturelle dans le roman et la naissance d’un espoir à travers la littérature :

L’auteur dénonce l’absurdité de la rééducation, de la censure, de la violence et de la misère imposée par la Révolution culturelle chinoise qui contrôle la vie des personnages. Considérés comme des ennemis du peuple, les intellectuels sont envoyés dans un village très pauvre et isolé où leurs conditions de vie sont particulièrement difficiles, puisqu’ils travaillent du matin au soir dans des mines ou dans les champs, les épuisant physiquement. Vivant dans la misère et n’ayant presque rien à manger, leurs repas se limitent souvent à un peu de riz et quelques légumes. Bien que les livres occidentaux soient interdits, les deux garçons découvrent les romans de Balzac en cachette et passent leurs nuits plongés dans leurs livres. La lecture devient leur unique moyen d’évasion, leur permettant d’oublier leur fatigue et leur faim, ne serait-ce que pour quelques instants.

 

Une lecture accessible mais complète :

C’est une lecture qui m’a particulièrement marqué par sa simplicité d’écriture et par sa profondeur. L’auteur, bien que peu connu en Chine, a su éveiller les consciences sur la cruauté et les difficultés de la Révolution culturelle chinoise. C’est un livre qui reste particulièrement accessible et adapté à ceux qui aiment en apprendre plus sur l’Histoire et sur notre monde. Le point le plus touchant dans le livre est la manière dont la littérature a su redonner de l’espoir a des personnages qui n’en avaient plus. Cette lecture nous rappelle que les mots peuvent réellement changer une vie.

 

-Laurens Jessica, 24.01.2026

 

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